Législatives au Gabon : les « jeunes » de l’opposition dans les starting blocks

Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi convoite la circonscription gabonaise d’Ikoy-Tsini. © Vincent Fournier/JA

Six ans après leur boycott des législatives, les quadras et quinquas du camp adverse comptent s’imposer lors du scrutin de juillet.

Ils sont dans l’ombre des leaders depuis six ans ou plus. Quinquas ou quadras, ils estiment leur heure venue. Les élections législatives prévues en juillet pourraient être le point de rupture. En 2011, l’opposition avait boycotté l’Assemblée nationale, offrant au parti au pouvoir 114 sièges sur 120. Pas question de passer cinq ans de plus au purgatoire.

Tant pis pour les leaders septuagénaires comme Jean Ping, Zacharie Myboto ou Jean Eyeghe Ndong, s’ils étaient tentés de prolonger par le boycott des législatives leur bras de fer avec le pouvoir.

Ntoutoume Ayi à Ikoy-Tsini

Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, 48 ans, est l’une des figures montantes de la nouvelle génération. Cet inspecteur des finances issu de la promotion Copernic de l’ENA de Paris (2000-2002) a grandi politiquement sous la tutelle d’André Mba Obame puis a rejoint Casimir Oyé Mba après la disparition de l’ex-secrétaire exécutif de l’Union nationale.

Porte-parole de Jean Ping à la suite du ralliement d’Oyé Mba, il a montré des qualités de débatteur pugnace. Aux prochaines législatives, Ntoutoume Ayi ira à l’assaut d’un bastion du parti au pouvoir, la circonscription d’Ikoy-Tsini (Bikélé, Akanda, Owendo), au nord de Libreville, sur laquelle règne sans partage un vieux baron de l’Estuaire, Paul Biyoghé Mba.

Serge Maurice Mabiala à Mouila

Serge Maurice Mabiala, 52 ans, est lui aussi un « techno » qui veut plonger dans le chaudron politique. Ancien directeur adjoint du cabinet d’Ali Bongo Ondimba, il fut, avec Alexandre Barro Chambrier, l’un des animateurs du courant frondeur Héritage et Modernité jusqu’à leur exclusion du Parti démocratique gabonais (PDG) en avril 2016. Après un bref séjour en prison, il envisage d’aller à la conquête de l’un des sièges de la ville de Mouila, où il tentera de bouter le ministre de la Santé publique, Léon Nzouba.

Anges Kévin Nzigou aussi

Même combat pour l’avocat Anges Kévin Nzigou, 32 ans et futur candidat au 6e arrondissement de la capitale. En attendant, il met ses talents au service de la défense de l’ancien ministre du Pétrole, Étienne Ngoubou, en détention préventive depuis janvier 2017.

Elsa Boukandou à Ndendé

Elsa Boukandou, 30 ans, est une jeune juriste elle aussi mais est déjà tenaillée par une grosse ambition. Elle se lance à la conquête d’un siège à Ndendé (Ngounié), ville-citadelle imprenable acquise à l’Union du peuple gabonais (UPG). La jeune femme issue de la tendance Iwangou de ce parti, dont elle préside les jeunesses, pourrait tirer profit de l’inéluctable duel qui opposera le vice-Premier ministre Bruno Ben Moubamba, patron d’un autre courant de l’UPG, et Yves Fernand Manfoumbi, le ministre de l’Agriculture (PDG).

Victorine Tchicot au 1er arr.

Le défi de l’ex-conseillère spéciale d’ABO, Victorine Tchicot, 40 ans, est autrement plus compliqué. Cette ancienne proche collaboratrice d’Omar Bongo Ondimba, passée chez les frondeurs d’Héritage et Modernité convoite le 1er arrondissement de la capitale, où le vieux briscard du parti au pouvoir André Dieudonné Berre, 76 ans, ne veut pas entendre parler de retraite.

Christèle Koye à Mulundu

Quant à la juriste de 45 ans Christèle Koye, secrétaire générale d’Héritage et Modernité, elle envisage de s’attaquer à une montagne, Régis Immongault, le ministre de l’Économie, qui tient le siège de Mulundu (Ogooué-Lolo), comme pour venger Paulette Missabo, qui fut pendant longtemps députée de la localité.

Mesmin Ngabikoumou Wada à Bakoumba

L’océanographe Mesmin Ngabikoumou Wada, 40 ans, veut pour sa part ravir le siège unique de Bakoumba à l’ancien ministre Célestin Bayogha.

Flavienne Adiahenot au 4e arr.

S’agissant enfin de la pasionaria de l’Union nationale, Flavienne Adiahenot, 47 ans, elle essaiera de chasser Jules Marius Ogouebandja (PDG) du 4e arrondissement de la capitale. Tous veulent une place à l’Assemblée nationale. Mais pour y parvenir, encore faut-il que ces jeunes ambitieux survivent à l’impitoyable darwinisme qui fait le quotidien de l’opposition.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici