« Mission impossible », un documentaire tourné dans les coulisses diplomatiques du conflit syrien

Combattants et résidents autour d’un convoi des Nations unies. © Bassam Khabieh/Reuters

« Nous avons pu suivre Staffan de Mistura pendant les cinq mois qui ont précédé la chute d’Alep-Est, cinq mois qui resteront comme le symbole de l’impuissance de la communauté internationale », annonce la voix off.

L’image passe de combattants hirsutes lâchant des rafales de kalach dans un champ de ruines à la façade impeccable d’un palais genevois où l’Italien se démène dans une atmosphère feutrée pour favoriser la négociation d’une solution politique à un conflit débuté il y a six ans.

Après le Ghanéen Kofi Annan et l’Algérien Lakhdar Brahimi, Mistura est le troisième diplomate de haut rang à tenter cette mission impossible. Ayant pu le suivre de près pendant son odyssée, la documentariste Anne Poiret apporte un point de vue original et rare sur les coulisses diplomatiques d’une crise armée. « Vous n’enregistrez pas, n’est-ce pas ? » demande très sérieusement Mistura alors qu’il vient de donner son sentiment sur la responsabilité d’un bombardement meurtrier.

La honte de l’échec 

Le sang-froid et le sourire aimable dont il ne se départ devant aucun interlocuteur tranchent avec le chaos qui règne sur le terrain. Une seule fois Mistura trahit ses sentiments : « C’est un sujet douloureux », dit-il. Un document passionnant pour ceux qui s’intéressent à la Syrie, qui aurait peut-être mérité plus d’images de terrain et une atmosphère moins « bureaucratique », mais celle-ci illustre bien la faiblesse de la diplomatie quand les armes ont pris le relais de la politique.

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