#Montronsnosroutes, le réseau routier guinéen vu par les réseaux sociaux

Un camion accidenté dans le Fouta, en Guinée, en janvier 2010. © Youri Lenquette

L'état calamiteux de certaines routes en Guinée a fait naître un sentiment d'abandon au sein de la population, qui appelle ses dirigeants à réagir en publiant sur Twitter des photos et vidéos de routes délabrées voire impraticables.

Mauvais état des routes oblige, les Guinéens les plus aisés choisissent sans hésiter de prendre un vol Conakry-Bamako pour rejoindre les préfectures de Haute-Guinée, dont la capitale régionale, Kankan, n’est pourtant qu’à 640 km de Conakry par la nationale 1 (RN1). Face à la dégradation du réseau routier national comme de la voirie urbaine, dans tout le pays, l’Association des blogueurs de Guinée (Ablogui) a lancé fin novembre 2016 la campagne #MontronsNosRoutes. De rues bitumées crevassées en chaussées de terre transformées en couloirs de boue, d’énormes nids-de-poule en tronçons devenus impraticables, le réseau routier vu par les réseaux sociaux est dans un état de délabrement alarmant.

Provoquer le changement

« Nous montrons le calvaire des usagers de la route à travers des photos et vidéos qui parlent plus que les mots. C’est un moyen pour mettre la pression et attirer l’attention des autorités », explique le chargé de communication de l’Ablogui, Ibrahima Kalil Diakité. Presque chaque jour, le hashtag #MontronsNosRoutes affiche de nouveaux clichés ou vidéos, comme celui de jeunes tirant à la corde un taxi-brousse embourbé à Mali-Yembéring (préfecture du Nord), posté le 24 novembre 2016 par le blogueur Alimou Sow. Sa légende : « Sur les routes de Guinée, les voitures sont tenues en laisse. »

Le mois suivant, il publiait sur Ma Guinée plurielle un billet relatant son « voyage éreintant » de 430 km entre Conakry et Labé. Ces observateurs-citoyens assurent que leur campagne se poursuivra jusqu’à ce qu’ils constatent « des signes forts et crédibles » de changement.

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