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Algérie : que vaut le dispositif anti-Daesh ?

Par - envoyé spécial

Des soldats algériens montent la garde le 31 janvier 2013 devant l'usine d'In Amenas, dans l'est de l'Algérie, qui avait fait l'objet d'une attaque terroriste le 16 janvier de la même année. © Tsuyoshi Matsumoto/AP/SIPA

Combien d’Algériens ont rejoint les rangs de Daesh en Libye, en Syrie et en Irak ? Selon diverses sources à Alger, ils seraient près de deux cents à s’y être rendus entre 2013 et 2015.

Certains sont des terroristes aguerris, d’autres sont de nouvelles recrues embrigadées principalement dans la région d’El-Oued, dans l’extrême Est. Combien sont revenus au pays ? « Un nombre insignifiant, avance Akram Kharief, spécialiste des questions de défense et de sécurité.

Beaucoup ont été tués, et le reste du contingent s’est tellement radicalisé qu’un éventuel retour en Algérie est très difficile. » Voire presque impossible.

Car depuis deux ans les autorités ont mis en place un dispositif de quadrillage étroit des frontières avec les voisins libyen et tunisien, tandis que les liaisons aériennes avec la Turquie, lieu de passage vers la Syrie, sont scrupuleusement contrôlées.

Les filières de recrutement sur le Net n’échappent pas non plus à l’œil des services de renseignements, qui ont massivement investi dans la lutte contre la cybercriminalité.

L’appel au jihad des années 1980

Le pays semble donc aujourd’hui immunisé contre l’infiltration des combattants de Daesh. C’est à l’aune de ces résultats que l’on peut mesurer le chemin parcouru par les Algériens dans leur lutte contre le terrorisme. Dans les années 1980, au début de la guerre en Afghanistan, des prédicateurs tels que Mahfoud Nahnah ou Bouguerra Soltani (deux ex-dirigeants du MSP) avaient activement participé, dans les mosquées, les écoles, les associations religieuses ou encore dans les universités, au recrutement de volontaires pour la guerre sainte.

À l’époque, les plus hautes autorités algériennes avaient encouragé ces départs avec le concours d’oulémas venus d’Égypte, comme Mohamed al-Ghazali ou Youssef al-Qaradawi, qui prêchaient ouvertement le jihad à la télévision nationale. Quelque 5 000 Algériens avaient alors rejoint les rangs des moudjahidine en Afghanistan, via notamment l’Arabie saoudite.

Plus d’un millier d’entre eux, à l’exemple du garde du corps de Ben Laden, étaient revenus au début des années 1990 pour constituer les noyaux durs des Groupes islamiques armés (GIA). Aujourd’hui, la réédition d’un tel scénario relève presque de la fiction.

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