Roman : une enquête libyenne signée Hisham Matar

Hisham Matar, nominé pour le Booker Prize, avec son livre "Au pays des hommes", à Londres, le 10 octobre 2006. © KIRSTY WIGGLESWORTH/AP/SIPA

"La terre qui les sépare" est une enquête. Celle de Hisham Matar, romancier libyen vivant à Londres, qui cherche à savoir ce qu’il est advenu de son père, opposant à Kadhafi, emprisonné en 1990.

Une investigation qui l’amène à rencontrer jusqu’au puissant Seif el-Islam, et prend des allures d’odyssée intime, obligeant l’auteur, ballotté sans pitié entre espoir et appréhension, à sonder son rapport à un pays qu’il n’a pas vu depuis des décennies. Matar fouille dans sa mémoire, interroge ses proches, analyse les rapports qui peuvent lier un père à un fils, un exilé à sa nation.

Dans la cœur de la révolution libyenne 

Le père disparu vient incarner la mémoire d’une Libye qu’on asservit et la quête pour le retrouver épouse l’élan révolutionnaire de 2011. Alors que Matar multiplie les rencontres avec des ONG et des ambassades, les rebelles défoncent les portes des geôles armes à la main. La Libye se soulève : le nom de son père et ses romans censurés ne sont plus une affaire de famille. Tout cela, Matar le transcrit avec précision, dans un style fluide. La terre qui les sépare prend à la gorge et ouvre une fenêtre sur un pays dont on méconnaît trop la littérature.

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