Cinéma : « Fences », un mauvais grand film

Denzel Washington à la cérémonie des Oscars, dimanche 26 février 2017, à Los Angeles. © Richard Shotwell/AP/SIPA

Huis clos lent et long (deux heures vingt), Fences fait l’effet d’une incarcération pour lourde peine.

Sur le papier, l’idée semble bonne : il s’agit de l’adaptation de la pièce du même nom, signée en 1983 par August Wilson et récompensée par le prix Pulitzer en 1987. Elle raconte l’histoire de Troy Maxson, Africain-Américain de Pittsburgh qui a dû renoncer à une carrière de joueur de base-ball à cause de sa couleur de peau, puis est devenu éboueur pour nourrir sa famille. Un drame sur le renoncement, donc, qui se veut aussi un portrait sans fard de l’Amérique noire pauvre des années 1950.

Mais la transposition est rapidement étouffante, et parfois grotesque. À la fois réalisateur et acteur principal de ce trop long métrage, Denzel Washington a voulu faire un film de référence mais n’a produit qu’un mélo pompeux. Nous enfermant dans la cour d’une maisonnette pendant presque toute la projection, il échoue à nous faire oublier que l’on regarde une pièce de théâtre filmée. Les performances des acteurs, qui passeraient parfaitement sur une scène, semblent outrées devant la caméra. À tel point que, lors des moments les plus dramatiques du film, la salle rit aux éclats devant tant de cabotinage. Gênant.

Viola Davis, seule rescapée du naufrage, a été récompensée par l’Oscar du meilleur second rôle féminin. Mais bizarrement, l’œuvre a été sélectionnée quatre fois aux Oscars. Peut-être l’institution tenait-elle à saluer le classicisme de la réalisation et le prestigieux casting 100 % noir du film ? Au fond, Fences est un peu comme cette vieille tante bavarde et maniérée : il faut l’inviter dans les soirées mondaines, mais tout le monde meurt d’ennui à son contact.

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