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Quand Ikea joue le jeu des islamistes et des juifs ultraorthodoxes

Une enseigne Ikea à Tangerang, en Indonésie, le 5 février 2016. © Tatan Syuflana/AP/SIPA

Quand je vous dis qu’il ne fait pas bon vivre pour les femmes ces temps-ci ! Car il est question non seulement de revenir sur leurs acquis, de cacher leur corps ou de les cantonner dans des métiers peu valorisants, mais aussi de les retirer de la circulation, tout bonnement !

Vous connaissez l’obsession des islamistes en la matière ; leur rêve d’effacer toute trace féminine de l’espace public, car une dame qui pointe son nez dans la cité, c’est le désordre assuré – la fameuse fitna. Sauf qu’ici il ne s’agit pas de barbus. Mais d’Occidentaux de souche, des Blancs de chez Blancs qui pratiquent le sexisme le plus abject. Vous l’avez compris, je désigne – et j’accuse – le géant du meuble suédois Ikea, qui a récemment conçu un catalogue à l’usage des juifs ultraorthodoxes en en retirant toute présence féminine.

Marketing contre dignité

Avez-vous feuilleté ce manuel illustré du machisme ? Les papas y posent fièrement, les fils aussi, mais pas l’ombre d’une maman ou d’une grande sœur : cela déplairait aux religieux israéliens. On se met à s’interroger : mais où est passée l’autre moitié du foyer ? Emportée par une épidémie ? Condamnée à une mort collective ? Non. Chez Ikea, les femmes, ce n’est pas même pas en kit que vous les trouverez. Ça n’existe pas.

Il faut dire que la célèbre marque n’en est pas à sa première sortie du genre. Elle avait déjà gommé les filles de son catalogue destiné à l’Arabie saoudite, mais l’affaire avait été moins médiatisée. Bien sûr, les Arabes n’avaient pas été assez prompts à exiger des excuses ; il eût fallu déjà qu’ils soient capables de détecter l’erreur, l’anomalie… En tout cas, cela ne semble pas avoir assagi les communicants d’Ikea, qui, malgré leur repentance en Israël, récidiveront sous une forme ou sous une autre.

Ce qui fait mal au cœur, c’est qu’une telle atteinte à la personne féminine nous vienne de Suède. Un pays champion du modernisme et de l’égalité. À croire que l’appât du gain peut transformer n’importe qui en vulgaire misogyne ; que l’on peut frayer avec le Moyen Âge si l’on est assuré de se remplir les poches. À croire, surtout, que le désir des hommes d’enfermer leur moitié n’a jamais disparu.

Où est passée Penelope ?

Ces messieurs se veulent seuls aux commandes. Se prennent à parader partout où se trouve la puissance du pouvoir et de l’argent. Tiens ! cela me fait penser à François Fillon, le chef de file de la droite française, impliqué dans une affaire d’emploi fictif au profit de son épouse. Où est donc passée cette dernière, justement ? Qu’attend-elle pour assurer publiquement sa propre défense ? Pauvre Penelope !

On l’imagine recluse, à épousseter les meubles, pendant que son mari gesticule sur les plateaux. D’elle, pas un mot, pas un regret, pas une protestation. Digne, mais muette comme une morte. Et ce n’est pas parce que son homme déclare partout qu’il l’aime qu’elle va ressusciter. Eh, oui, c’est au prix de ces meurtres symboliques que les mecs s’assurent des carrières et se font des fortunes.

Bon, j’en étais où à propos de cette fameuse enseigne où, d’ailleurs, je ne remettrai plus les pieds ?

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