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Cameroun et Gabon : une thérapie douce mais pas trop, négociée avec le FMI

Le ministre des Finances du Cameroun, Alamine Ousmane Mey, en compagnie de la directrice générale du FMI, à Yaoundé, en janvier 2016. © Fernand Kuissu

Bien que leurs économies soient les plus résilientes de la zone, car les plus diversifiées, le Cameroun et le Gabon vont aussi devoir trouver un accord avec le FMI.

Malgré des taux de croissance respectifs de 4 % et 3 % en 2016, les deux pays doivent résorber leurs déficits (du budget et des comptes courants). Le Cameroun, moins endetté (31,6 % du PIB) que les autres États de la Cemac, dispose encore d’une capacité de financement sur le marché régional et international. Le pays pourrait donc se limiter à un partenariat technique avec le FMI. Mais, en tant que locomotive de la région, il doit montrer l’exemple, en maîtrisant davantage son endettement et en réduisant ses dépenses publiques.

Au Gabon, des syndicats ont déjà lancé des mouvements de grève contre toute réduction de salaires

Dans le plan anticrise pour la période 2017-2019 que le ministère de l’Économie a présenté à une mission du FMI le 20 février 2016, à Yaoundé, figurent aussi plusieurs mesures d’élargissement de l’assiette fiscale au titre de l’exercice 2017 : création d’une taxe de séjour dans les hôtels, rétablissement de la taxe spéciale sur les produits pétroliers (110 F CFA sur le litre de super et 65 F CFA pour le litre de gasoil) et élargissement du champ d’application de la taxe sur les jeux de hasard.

Les fonctionnaires en ligne de mire au Gabon

Au Gabon, la situation est plus difficile. Le pays a multiplié en 2015 les mesures de réduction de ses dépenses, mais cela ne semble pas suffire. Compte tenu des arriérés de paiement de salaires et de dettes envers le secteur privé qu’il a accumulés, il a besoin d’un appui budgétaire du FMI pour rétablir ses comptes. Une récente mission du FMI a audité la masse salariale de l’État, qui représentait en 2016 34 % des dépenses (contre 35 % en 2015), un niveau considéré comme élevé.

La fonction publique (104 000 agents en 2015) s’inquiète, et des syndicats ont déjà lancé des mouvements de grève contre toute réduction de salaires. Ce à quoi le Premier ministre Emmanuel Issoze-Ngondet a répondu que seules les rémunérations de certaines catégories d’agents publics et des structures sous tutelle seraient réexaminées. Cela suffira-t-il ? Rien n’est moins sûr.