Présidentielle en France : ils conseillent Marine Le Pen sur l’Afrique et le Moyen-Orient

La candidate de Front National, Marine Le Pen, chante la Marseillaise après un meeting à Fréjus, en France, le 18 septembre 2016. © Claude Paris/AP/SIPA

Demandez à un militant du Front national (FN) quelles sont ses lectures du moment. Il vous citera probablement le blog de Jean Messiha. Il n'est pas le seul Français d'origine africaine dans l'entourage de Marine Le Pen.

Né au Caire en 1970 dans une famille copte, arrivé en France à l’âge de 8 ans et naturalisé douze ans plus tard, ce multidiplômé (Sciences-Po Paris, doctorat en économie) est « l’autre énarque de Marine Le Pen » – le premier étant Florian Philippot. Aujourd’hui, il est le porte-parole des Horaces, un groupe qui, depuis 2016, conseille la patronne du FN sur des questions allant de la sécurité à l’économie. C’est, dit-on, dans ce vivier que Marine Le Pen (MLP) puiserait ses ministres si elle était élue présidente.

Au Front, on ne parle jamais de moi comme d’un Égyptien.

Sur son blog, Messiha pourfend « les élites », « le grand capital » et l’UE… bien qu’il ait un profil très « techno ». « J’ai pris un congé sans solde [du ministère de la Défense] pour me consacrer à la campagne », confie-t-il. Coordinateur du projet présidentiel de Marine Le Pen, Messiha n’a pris sa carte du FN qu’en janvier 2017. « Au départ [en 2014], je n’ai pas choisi le Front, mais sa candidate », poursuit cet ancien chevènementiste.

« Le Front national a mué »

Ce qui l’attire ? Son souverainisme et son patriotisme. « Il n’y a qu’à gauche que votre identité vous suit en tout temps. Au Front, on ne parle jamais de moi comme d’un Égyptien. » Pourtant, il se chuchote que Messiha conseille MLP sur le Moyen-Orient… « J’ai été en poste dans la diplomatie française aux Émirats et au Liban entre 2007 et 2011 », rappelle-t‑il. Aurait-il été accepté aussi facilement il y a quelques années ? « Le parti a mué. Il y a eu une rupture avec le Front de Jean-Marie Le Pen », reconnaît-il en nous suggérant de contacter Guy Deballe.

Ce Français d’origine centrafricaine, certes moins influent, n’en a pas moins eu droit à un tweet de bienvenue signé Marine Le Pen, en octobre 2015, après qu’il eut claqué la porte du PS pour rejoindre le FN. Les raisons de ce revirement ? Une opposition « d’ordre moral » au mariage pour tous et « une attirance pour les idées souverainistes ». Aujourd’hui secrétaire général de l’association Banlieues patriotes, Deballe aide le FN à s’implanter dans les quartiers populaires franciliens. En revanche, il ne le conseille « que très ponctuellement » sur les questions africaines. « Il y a largement assez de connaisseurs du continent dans le parti », dit-il.

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