Crise postélectorale en Côte d’Ivoire : la justice avance à tout petits pas

Par - à Abidjan

Le leader des rebelles, Chérif Ousmane (à dr.) à Bouaké, Côte d'Ivoire, le 20 octobre 2002. © CHRISTINE NESBITT/AP/SIPA

En 2015, deux importants comzones, Chérif Ousmane, dit Papa Guépard, et Losseni Fofana, dit Loss, ont été inculpés par la justice ivoirienne pour des faits commis pendant la crise post-électorale (ce qui ne les a pas empêchés de rester en poste).

Les organisations de défense des droits de l’Homme se sont félicitées de ce début de rééquilibrage d’une justice qui, jusque-là, n’avait inquiété qu’une grande majorité de pro-Gbagbo. Wattao, lui, affirme qu’aucune mise en examen ne lui a été notifiée (une information que Jeune Afrique n’a pu vérifier).

Mais plusieurs rapports dénoncent son rôle, passé et présent, « dans des infractions économiques » et « dans l’exploitation illégale de mines de diamant et d’or » dans la région de Séguéla. D’autres soulignent qu’en 2011, lorsque Abidjan a été divisé en plusieurs « zones de sécurité » après la chute de Laurent Gbagbo, Wattao a « hérité » des quartiers Sud de la ville, et donc du port.

Fortune illégale présumée

Ils affirment qu’il y a instauré un business très lucratif. Interrogé sur ces questions de prédation économique, l’intéressé dément. « Si je m’étais enrichi à ce point, je ne serais plus dans l’armée et j’aurais fait de mon village natal un petit Dubaï ! »

Les ONG ont par ailleurs fraîchement accueilli les promotions de plusieurs comzones annoncées fin janvier. « Les personnes promues ont parfois été soupçonnées de graves violations des droits de l’homme dans le passé. C’est le cas pour Wattao, Losseni Fofana ou Chérif Ousmane, explique le représentant d’une ONG internationale. Cela démontre que le moment où Alassane Ouattara ne sera plus dépendant, en termes sécuritaires, de ces personnes et où l’on pourra les juger n’est pas encore arrivé. »