Pour la compétitivité de ses entreprises, le Cameroun doit s’engager dans une démarche de qualité

Par Jeune Afrique - Jacques Ndéby

Salle d'emballage des produits cosmétiques, Biopharma, Douala, Cameroun. 22 mai 2014. © Nicolas Eyidi pour JA

Dans le contexte mondial actuel de très forte compétitivité, doublée d’une croissance africaine soutenue par les acteurs locaux, un management par la qualité est indispensable dans les entreprises.

Les accords de partenariat économique [APE] avec l’Union européenne confortent l’idée que les sociétés amélioreront leur compétitivité à travers leur organisation qualité.

Le passage à l’acte « qualitique » – de « qualité » et « informatique », d’où « qualiticien » – est difficile pour les compagnies d’Afrique centrale en général, et pour celles du Cameroun en particulier, notamment en raison du coût des prestations d’accompagnement et de certification, ainsi que de l’absence d’une liste officielle de cabinets et sociétés de conseil qualifiés.

En France par exemple, l’État a mis en place des structures légères de proximité pour aider les entreprises à bénéficier de l’assistance de consultants. Ces derniers, ainsi que les organismes de formation, doivent démontrer leur qualification professionnelle pour bénéficier des différentes aides publiques. Les cabinets de conseil débutants reçoivent une qualification provisoire d’un an, les autres de quatre ans, évaluée chaque année.

Au Cameroun, ont été formés depuis 2009 des auditeurs Irca [International Register of Certificated Auditor] à Douala et 48 cadres de l’Agence des normes et de la qualité du Cameroun (Anor).

Plus de 1 500 élèves ingénieurs de la Faculté de génie industriel de l’Université de Douala ont participé à ces différents cours. Certains ont ensuite conduit avec succès des opérations qui ont abouti à la certification de nombreuses entreprises camerounaises par AB Certification Afrique subsaharienne SA, premier organisme de ce type de droit camerounais, né en 2010.

L’objectif est de permettre à 200 ingénieurs de créer leur propre emploi.

Pour se doter des premiers outils nécessaires à l’amélioration de leur compétitivité, les compagnies peuvent recourir au plan d’assurance qualité [PAC] intitulé Cycle d’amélioration de la performance des entreprises camerounaises [Capec], qui a été approuvé par le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique. Plus de 2 500 sociétés devraient bénéficier de ce programme pour obtenir leur certification. De leur côté, 500 laboratoires d’analyses médicales et agroalimentaires devraient être certifiés par les différentes normes ISO.

La signature d’une convention entre le ministère et AB Certification Afrique sub­saharienne SA, prévue dans un avenir proche, confirmera l’engagement ferme de l’État dans une démarche de qualité, fer de lance de la compétitivité des entreprises camerounaises.

Parmi les secteurs prioritaires retenus par le ministère figurent l’hôtellerie – réservations par paiement en ligne, sécurité des denrées –, le transport – certification des garages, garantie des tarifs et des services pour les liaisons interurbaines… –, la santé – laboratoires d’analyses, lutte contre les maladies contractées en milieu hospitalier… – ainsi que l’agriculture – pour satisfaire aux normes nationales et internationales de qualité.

Afin de réussir un tel déploiement, nous avons besoin de jeunes diplômés ambitieux, capables d’élaborer une structure de suivi des systèmes qu’ils auront contribué à installer lors de la mise en place du programme. L’objectif est de permettre à 200 ingénieurs de créer leur propre emploi.

Il reste encore à mettre au point les outils d’évaluation de la qualification professionnelle des cabinets et sociétés de conseil. Essentiels, ces outils permettront de répondre aux appels d’offres organisés par le ministère des Marchés publics.

L’Afrique regorge de potentialités aussi nombreuses que variées. Le défi de la valorisation durable de ces atouts repose sur la qualitique, pour l’appropriation et le respect des normes socio-économiques et culturelles, dans le contexte du changement climatique. En veillant aux impératifs de qualité, les produits africains amélioreront leur image de marque et gagneront en compétitivité, dans une logique de développement durable du continent.

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