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Au Maroc, les migrants redonnent vie aux lieux de culte catholiques

La cathédrale Saint-Pierre de Rabat, au Maroc. © Nawalbennani/CC/wikimedia commons

Avec la venue au Maroc de migrants d'Afrique subsaharienne ces dernières années, les églises du royaume sont nettement plus fréquentées qu'auparavant. Certaines ont même rouvert leurs portes.

Casablanca, un dimanche matin. L’église catholique Notre-Dame-de-Lourdes est pleine comme un œuf. Un peu plus de quatre cents fidèles sont là, dont une dizaine de Blancs seulement, l’écrasante majorité venant d’Afrique subsaharienne.

En une petite dizaine d’années, la dynamique migratoire a intensifié la vie chrétienne dans le royaume. Des églises ont rouvert dans des villes comme Oujda, Safi ou Ouarzazate. « Je crois qu’on peut dire aujourd’hui que plus de 50% des chrétiens installés au Maroc ont moins de 40 ans et que plus de 90% sont subsahariens », précise Bernard Coyault, directeur de l’institut Al Mowafaqa.

En revanche, la plupart des curés et pasteurs sont blancs, comme Daniel Nourissat, qui officie à Notre-Dame-de-Lourdes, ou encore comme le Franco-Marocain natif de Meknès Vincent Landel, archevêque de Rabat et plus haute autorité catholique du pays. Les temples protestants, qui avaient presque disparu, reviennent aussi en force.

Des lieux de rendez-vous

Mais les lieux de culte ne sont pas des acteurs neutres. Ils accompagnent pleinement la dynamique migratoire. Leurs parvis sont devenus des lieux de rendez-vous où s’échangent bons plans, adresses, et où des jeunes de différents pays et d’horizons sociaux multiples peuvent se rencontrer et partager leurs expériences.

Des organisations caritatives, comme la puissante Caritas, jouent un rôle important dans la constitution d’un réseau de solidarité avec les migrants et aident à créer une vie sociale en organisant des événements sportifs, culturels ou religieux.

Seule crainte des autorités religieuses instituées : que certains fidèles leur échappent et que, précarisation et marginalisation aidant, ils se tournent vers des chapelles moins tolérantes qui freineraient leur intégration dans la société marocaine.

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