Ouganda : pourquoi le fils du président Yoweri Museveni enchaîne-t-il les postes de haut-gradé ?

À 42 ans, l’aîné du président a rapidement gravi les échelons de l’armée. © PETER BUSOMOKE/AFP

Les soupçons d’un plan secret de succession reprennent de plus belle depuis que le chef de l’État a nommé son fils, Muhoozi Kainerugaba Museveni, haut conseiller à la Présidence.

Muhoozi Kainerugaba est l’objet de toutes les attentions ces dernières semaines dans son pays. À 42 ans, le fils aîné du président Yoweri Museveni est déjà le plus jeune major général de l’armée ougandaise. Et le rythme effréné de ses promotions attise les curiosités, autant que les craintes d’un plan conçu à l’avance par le père pour voir son fils lui succéder un jour.

Ce « Muhoozi Project », selon l’expression des médias locaux, était déjà au cœur du rapport secret rédigé en 2013 par le général David Sejusa, ancien responsable des services secrets, qui y révélait l’existence d’un « supposé » complot pour éliminer les plus hauts responsables de l’armée opposés à une telle transmission du pouvoir. Soupçon qui vient de se renforcer avec la nomination, le 10 janvier, de Muhoozi Kainerugaba au poste de haut conseiller présidentiel aux opérations spéciales.

Car ce ne sont pas ses faits d’armes qui lui ont permis de décrocher cette promotion, puisqu’il quitte ses fonctions à la tête des forces spéciales sans avoir connu la moindre épreuve du feu, si ce n’est quelques apparitions lors des opérations menées contre Joseph Kony, le chef de l’Armée de résistance du Seigneur, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

Quels sont les projets de Yoweri Museveni ? 

En l’ayant à ses côtés, le chef de l’État ougandais espère peut-être discipliner son fils, surtout réputé pour apprécier les multiples plaisirs des nuits de Kampala. Ou alors est-ce pour mieux préparer la population à une éventuelle passation de pouvoir le moment venu ? Atteint par la limite d’âge, fixée à 75 ans, Yoweri Museveni ne pourrait alors pas se représenter en 2021, et, à moins de changer de Constitution, le nom de son fils reste le plus cité pour prendre la relève.

Interrogé à ce sujet, l’intéressé préfère botter en touche. « Mon parcours est très éloigné de celui d’un homme politique, et ce n’est pas dans mes projets », a-t-il assuré dernièrement sur la chaîne NTV Uganda. Mais peut-être est-ce dans ceux du père ?