RD Congo : les amicales pressions de Brazzaville et de Luanda

Le Congo et l’Angola, les deux pays géographiquement les plus proches de Kinshasa, l’épicentre de la crise congolaise, ont tous deux mis leur poids dans la balance pour obtenir l’accord du 31 décembre.

Les deux gouvernements craignent des troubles liés aux divergences politiques et le précédent compromis, négocié et signé par une frange seulement de l’opposition, ne pouvait suffire à leurs yeux à garantir la stabilité. Ils veulent une sortie de crise consensuelle, avec le moins de violences possible. Mais ils ne croient plus que maintenir indéfiniment le président Kabila au pouvoir par la force soit une option.

C’est de Luanda, puissance régionale historiquement très influente en RD Congo, que sont venus les signes les plus clairs en ce sens. Le 23 décembre – trois jours après la répression des manifestants congolais par la police et en pleines négociations entre pouvoir et opposition –, le gouvernement angolais a retiré ses officiers qui participaient à la formation de l’armée et de la police congolaises. « Le meilleur moyen d’obtenir la stabilité, c’est de signer des accords et de respecter sa parole », glisse une source proche du gouvernement angolais. Difficile d’être plus clair.

Le président angolais Eduardo dos Santos a, pour sa part, annoncé qu’il se retirerait en 2018 (il aura alors passé trente-neuf ans au pouvoir). Cela lui laissera assez de temps pour suivre la crise congolaise jusqu’à son terme, si l’échéance des prochaines élections prévue par l’accord, fin 2017, est respectée.