Afrostream : de l’afro sur nos écrans

Afrostream s'étend à 24 pays d'Afrique francophone. © DR/Afrostream

« En Afrique comme dans la diaspora, les gens sont avides de contenus africains sur écran, or ce besoin n’est pas assouvi. » Partant de ce constat, Tonjé Bakang a lancé Afrostream en 2015.

« Et c’est déjà devenu une marque », se félicite ce Français né de parents camerounais il y a trente-six ans. Souvent comparée à l’américain Netflix, cette plateforme de vidéos à la demande propose déjà plus de mille cinq cents heures de contenus à teneur « afro », avec des séries et des films africains, mais également afro-caribéens, afro-­américains ou afro-brésiliens.

Diffusée via les smartphones, « sa première cible », les bouquets audiovisuels ou les ordinateurs, sa programmation a déjà conquis 250 000 membres. « En observant les usages d’internet, j’ai vu qu’il était possible de “disrupter” [bouleverser] l’univers des médias. Créer un diffuseur n’a jamais été aussi abordable. »

Conquête du monde

Afrostream a vu le jour avec moins de 5 millions d’euros et a bénéficié de l’appui d’un incubateur californien. Déjà présent dans 28 pays, son objectif à court terme est de se lancer au Nigeria, au Kenya et au Ghana, avant de s’adresser aux marchés brésilien et américain. Le potentiel existe.

« On compte dans le monde 1 milliard d’afro-descendants, dont 800 millions sont connectés. » Après avoir conclu des partenariats avec de grandes sociétés mondiales de production comme Warner Bros., Disney, Sky ou Lagardère, ainsi qu’avec TF1 et Orange en France, cette start-up de treize personnes ne se contentera pas de dénicher et de diffuser films et séries « de qualité ».

Sur le continent, elle compte s’engager dans la coproduction, en apportant des capitaux et en se rapprochant des scénaristes. « Nous avons une longue expérience dans l’audiovisuel et nous sommes très sensibles au storytelling », assure cet ancien comédien passé par France 2, M6, ou le studio Europacorp, du réalisateur français Luc Besson. Le pilote d’une série est d’ailleurs en tournage en Côte d’Ivoire.


Les femmes et la jeunesse à l’honneur

Dans un pays où 48 % de la population a moins de 14 ans, le sommet Afrique-France de Bamako se devait de placer la jeunesse africaine au cœur de ses discussions, et un forum spécial ouvre ses portes la veille de l’événement. Ateliers et débats portent sur les défis qui se présentent aux jeunes, comme l’éducation, l’immigration et l’entrepreneuriat.

Des programmes de formation sont proposés et quatre prix de l’innovation, décernés, afin de promouvoir le développement économique de l’Afrique. Ils récompensent, pour leur esprit d’initiative et leur engagement, les jeunes entrepreneurs résidant sur le continent, ainsi que ceux de la diaspora.

À Bamako, les femmes sont aussi à l’honneur, avec la présence de plusieurs personnalités, dont la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, ainsi que la présidente du FMI, Christine Lagarde. Réunies lors d’un forum en décembre, plusieurs entrepreneuses de 30 pays différents ont adressé leurs revendications à la trentaine de chefs d’État attendus au sommet de Bamako. Parmi celles-ci, un meilleur accès à l’embauche et à la propriété privée, ainsi que la création d’un fonds d’appui au développement des activités féminines. (F-X F)

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