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"Cet article est issu du dossier" «Afrique - France : quel avenir ?»

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Rémy Rioux : « L’AFD a apporté à l’Afrique 11,5 milliards d’euros entre 2014 et 2016 »

Rémy Rioux (France), directeur général de l'Agence française de développement (AFD). A Paris, le 16.09.2016. © Vincent Fournier/JA

La promesse de consacrer 20 milliards d’euros à l’Afrique entre 2014 et 2018 devrait être honorée. Ces moyens accrus ouvrent de nouveaux champs d’action à une agence de plus en plus offensive.

Rémy Rioux aura participé activement aux deux sommets France-Afrique du quinquennat Hollande. En décembre 2013, il dirigeait le cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici. Depuis juin 2016, il est directeur général de l’Agence française de développement (AFD). Deux postes privilégiés pour parler du développement, de la France et de l’Afrique.

Jeune afrique : Le sommet de 2017 sera-t-il différent du précédent ?

Rémy Rioux : Lors du sommet de l’Élysée, auquel j’ai activement contribué, en particulier pour le volet économique, il a soufflé un vent de nouveauté, marqué par une approche véritablement paritaire. Nous avons enregistré des avancées sur les grands sujets que sont le climat, la sécurité et le partenariat économique avec l’Afrique. À Bamako, cet esprit sera toujours présent.

Que sont devenues les promesses faites en 2013 ?

Les engagements du président de la République sont tenus. L’AFD a apporté à l’Afrique 11,5 milliards d’euros entre 2014 et 2016 et prévoit d’y consacrer plus de 4 milliards par an sur les deux prochaines années, pour atteindre les 20 milliards d’euros promis en 2013 au titre de la politique de développement.

À l’occasion de la COP21, les bailleurs internationaux se sont engagés à hauteur de 10 milliards de dollars d’ici à 2020 pour développer les énergies renouvelables en Afrique. L’AFD est passée à l’offensive : elle a engagé 600 millions de dollars rien qu’en 2016. Et nous allons continuer sur ce rythme.

Vous disposez pour cela de moyens supplémentaires…

Le Parlement vient de doubler nos fonds propres et de porter notre capacité annuelle d’engagements de 8 à 12 milliards d’euros d’ici à 2020. Nous avons dépassé les 9 milliards en 2016.

Nos moyens en dons repartent aussi à la hausse. Le Parlement a fait passer le taux de la taxe sur les transactions financières (TTF) de 0,2 % à 0,3 %, augmentant de 270 millions d’euros les dons de l’AFD, au-delà des moyens votés dans le budget des Affaires étrangères. Cela va nous permettre d’intervenir plus fortement dans les zones de crises.

Le renouveau de l’Agence tient aussi à son alliance avec la Caisse des dépôts. Nous allons mobiliser nos deux équipes, nos réseaux et nos instruments financiers, comme nous avons su le faire pour le concours Digital Africa, lancé avec Bpifrance [dont la Caisse des dépôts est actionnaire à 50 %].

Ce concours récompensera à Bamako dix start-up, cinq africaines et cinq françaises, pour leurs innovations dans les domaines de la santé, des fintech, de l’énergie et de l’agriculture. Il y a eu plus de 800 candidatures !

L’Afrique est notre priorité, et nous travaillons avec tous les pays du continent.

De nouveaux pays et de nouveaux secteurs sont-ils à l’étude ?

L’Afrique est notre priorité, et nous travaillons avec tous les pays du continent. Nous venons d’ailleurs de reprendre notre activité en Angola. Notre stratégie, c’est de toujours faire le maximum pour toute l’Afrique. Ce qui ne nous empêche pas d’intervenir également dans les autres pays en développement, en Amérique latine, en Asie, partout où nous sommes utiles.

En outre, le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (Cicid) du 30 novembre nous a demandé d’investir dans de nouveaux secteurs, comme la gouvernance, l’enseignement supérieur et la recherche. Le gouvernement souhaite aussi que nous renforcions notre soutien à l’action extérieure des collectivités locales françaises.

Quelle est votre opinion sur l’état de l’Afrique ?

L’Afrique affiche depuis quinze ans une croissance de plus de 5 % par an, tirée par la consommation intérieure. Bien sûr, des difficultés très sérieuses demeurent, mais elles ne remettent pas en question l’effervescence microéconomique engendrée par l’urbanisation et l’amélioration des systèmes de santé et d’éducation.

Ouvrons les yeux : dans certains domaines, comme les énergies renouvelables ou le mobile banking, l’Afrique est en avance, et nous avons intérêt à nous inspirer de ses innovations ! C’est aussi la mission de l’AFD.

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