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Cet article est issu du dossier «Une autre Côte d'Ivoire»

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Politique économique

La Côte d’Ivoire a besoin de nouveaux champions en affaires

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L'homme d'affaires ivoirien Alain KOUADIO, président du groupe Kaydan, est vice-président de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (CGECI) en charge de la stratégie, de la prospective, de la promotion de l'entrepreneuriat et de la CGECI Academy

Le quartier du Plateau, à Abidjan. © JACQUES TORREGANO/DIVERGENCE POUR J.A.

La Côte d’Ivoire a par le passé fait l’expérience de diverses initiatives censées favoriser l’émergence de champions nationaux des affaires et de l’industrie. Malheureusement, malgré toute la hargne et la bonne volonté du président Félix Houphouët-Boigny, le succès n’a pas été au rendez-vous.

Le système mis en place n’a pas réussi à rendre pérenne un dispositif qui assure l’éclosion de champions nationaux. Il a créé l’entreprise plutôt que de créer l’entrepreneur. Je ne nie pas les ambitions des promoteurs de PME, mais le constat est qu’ils cherchent plus à être des hommes d’affaires à la recherche du bon filon que des chefs d’entreprise qui ont le goût des initiatives.

Avec un poids de plus de 40 % dans l’économie de la région ouest-africaine, la Côte d’Ivoire donne l’image d’un pays moteur. Mais son secteur privé ne reflète pas encore cette influence. Les modèles des entrepreneurs ivoiriens de l’époque n’ont pas fait école.

Vingt-trois ans après le décès de Félix Houphouët-Boigny, un nouveau mouvement est enclenché pour que les hommes d’affaires ivoiriens deviennent de vrais entrepreneurs, dans tous les segments de l’économie nationale.

Comme dans le domaine sportif, il faut lancer des programmes « entrepreneuriat-études ».

Dans le cadre de sa vision, qui est de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020 en se fondant sur le secteur privé, le chef de l’État, Alassane Ouattara, a réformé l’environnement des affaires. Le 15 juillet 2015, un décret a été adopté en Conseil des ministres pour « booster » la participation des entreprises ivoiriennes aux marchés publics. Un quota annuel de 20 % de marchés est consacré aux entreprises nationales, avec l’octroi d’une marge préférentielle de 5 %. Le montant du cautionnement provisionnel de la valeur du marché a été réduit pour amener les Ivoiriens à postuler aux marchés publics.

De son côté, en concertation avec le gouvernement, la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) a élaboré un plan stratégique pour favoriser l’émergence des champions nationaux, afin de préparer la relève des grands ­businessmen ivoiriens que sont notamment Jean Kacou Diagou (NSIA Bank), Bernard Koné Dossongui (AFG Group) ou encore l’actuel président du patronat ivoirien, Jean-Marie Ackah (groupe Sipra). L’objectif est de permettre l’éclosion de nouveaux tycoons, de faire naître de nouveaux entrepreneurs, qui écriront de belles histoires de réussite, comme celle du Nigérian Aliko Dangote, dont les générations futures pourront s’inspirer.

Pour que cette stratégie soit efficace, elle doit se donner les moyens de déceler celles et ceux des Ivoiriennes et des Ivoiriens qui présentent un fort potentiel entrepreneurial.

À l’image du domaine sportif aux États-Unis ou en France, où les meilleurs éléments sont identifiés à travers des programmes sport-études, la Côte d’Ivoire doit lancer des programmes « entrepreneuriat-études », qui devraient permettre de repérer dès leur plus jeune âge ses meilleurs espoirs.

En attendant la mise en œuvre concrète de cette stratégie, les actions engagées par le patronat ivoirien, comme la CGECI Academy ou la compétition de « Business Plan », ont permis de détecter les meilleurs jeunes entrepreneurs, qui reçoivent un accompagnement permanent à travers un incubateur et un accélérateur. Pour renforcer ce dispositif et soutenir la formation continue des managers, le patronat a par ailleurs signé des partenariats avec des écoles d’élites, comme HEC Paris.

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