Start-up africaine de la semaine : les tickets de cars ivoiriens s’ouvrent au digital

Gare de bus grande ligne d'Adjamé, à Abidjan en Côte d'Ivoire. © Guillaume Binet / MYOP pour JA

L’idée est tellement simple que l’on se de­mande pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt.

Imaginez : vous êtes à Abidjan et voulez rejoindre en car Korhogo, dans le Nord, Daloa, dans l’Ouest, ou Abengourou, dans l’Est. Auparavant, il vous aurait d’abord fallu vous rendre à la gare routière pour acheter votre ticket. File d’attente, stress, incertitude d’obtenir un billet de la compagnie voulue et aux horaires adéquats… Une sorte d’avant-voyage avant le vrai voyage !

Pour remédier à cette situation, quatre trentenaires originaires de Côte d’Ivoire, du Gabon, du Sénégal et de France ont lancé mi-2016, après plus d’un an de développement sur fonds propres (une dizaine de milliers d’euros), une plateforme de réservation en ligne de tickets pour cars : mTick (contraction de mobile ticket). « Il nous a semblé naturel de lancer notre plateforme en priorité à Abidjan, là où le marché était le plus mûr et le plus organisé en Afrique de l’Ouest », explique Bill Diara, diplômé de l’Inseec Business School (Paris) et cofondateur de la start-up.

Réservation en ligne

Pour ce faire, le site s’appuie sur six transporteurs bien connus des Ivoiriens (AVS, BKL, OT-CI, UTS, Léopard Transport et GTI) au départ d’Abidjan et d’autres agglomérations, et capables de desservir une soixantaine de villes à travers le pays. Pour ces derniers, l’intérêt n’est pas négligeable puisqu’ils peuvent ainsi prévoir le volume de passagers, gérer les réservations et, au besoin, ajuster le nombre de cars prévus.

Les usagers, eux, particuliers ou professionnels, peuvent consulter les horaires, comparer les prix et réserver en ligne depuis leur ordinateur, leur smartphone ou leur tablette. Ils paient via leur opérateur téléphonique (Orange Money, Moov Money ou MTN Mobile Money) et reçoivent leur ticket sous forme de SMS ou d’e-mail.

En contrat régulier avec les opérateurs téléphoniques, mTick se rémunère en touchant une commission sur chaque réservation. « Pas de quoi faire flamber les prix pour autant », rassure Bill Diara. Au contraire, « une collaboration intelligente avec les transporteurs permet de lancer régulièrement des promotions, notamment en période de fête, où l’affluence est plus importante », assure-t‑il.

La start-up, qui compte une dizaine de collaborateurs, souhaite réaliser une levée de fonds au cours du premier semestre de 2017 afin d’optimiser encore son service puis de se lancer chap chap (« vite vite », en nouchi, l’argot abidjanais, devenu le slogan de mTick), au second semestre de 2017, au Sénégal, au Burkina Faso, et au Gabon.

Leur participation au concours des start-up africaines initié par Bonjour Idée, le magazine collaboratif des startups, et le géant des phosphates marocains OCP, dont les lauréats seront désignés fin janvier à Marrakech, y contribuera peut-être.

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