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La Centrafrique transformée en tour de Babel militaire

Par Jeune Afrique

Des Casques bleus à Bangui, en Centrafrique, le 29 novembre 2015. © Andrew Medichini/AP/SIPA

État failli où prospèrent les groupes armés, la Centrafrique est aussi devenue, bien malgré elle, le pays hôte de contingents venus d’horizons les plus divers.

Outre les 11 000 Casques bleus de la Minusca (Pakistanais, Rwandais, Burundais, Camerounais, Sénégalais, Gabonais, Mauritaniens, Égyptiens…), on compte 350 militaires français à Bangui et une centaine de Chinois, dont certains ont été déployés sur le site de prospection pétrolière de Boromata, dans le Nord, en renfort d’une société privée de sécurité centrafricaine.

Des combattants tchadiens et sud-soudanais ont été signalés au sein de l’ex-Séléka. Huit cents soldats ougandais sont installés dans la région orientale du Haut-Mbomou, où, sous couvert de lutte contre les derniers rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), de Joseph Kony, certains se livrent au trafic de diamants et de bois. Enfin, la présence la plus mystérieuse est celle des Américains.

350 hommes des forces spéciales sont répartis entre Bangui, où ils protègent leur ambassade, et les environs d’Obo, dans l’extrême Est, où ils disposent d’une vaste zone interdite, équipée d’une piste d’atterrissage et ravitaillée depuis l’Ouganda et le Kenya par des convois militaires. Officiellement, les Américains interviennent en appui des Ougandais. Leur mission dépasse manifestement ce cadre.

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