Nigeria : la déconfiture de Dangote dans la tomate

L’usine de Kano était censée remédier à l’importation massive de concentré de tomates venu d’Asie. © AFP

En mars, Aliko Dangote, première fortune d’Afrique, a lancé à grand renfort médiatique la production de son usine de transformation de tomates de Kano, un État du nord du pays déstabilisé par la menace de Boko Haram et dont il est originaire.

L’affaire n’a rien d’anecdotique : le Nigeria, qui veut redevenir le grenier de l’Afrique, est l’un des plus grands importateurs du monde de concentré de tomates, aliment incontournable de sa gastronomie. Mais, pour Dangote, qui a fait fortune dans le ciment, la tomate est loin de tenir ses promesses. L’usine, qui représente un investissement de 19 millions d’euros, a arrêté de tourner quelques semaines après sa mise en service – une maladie a provoqué une pénurie de tomates dans tout le pays – et ne devrait reprendre son activité qu’au mois de décembre.

Son avenir est en outre menacé par les mauvaises conditions économiques, à commencer par le manque de mesures protectionnistes face aux importations, essentiellement chinoises. « Si le gouvernement ne fait rien, il n’y a aucune chance que nous puissions payer les producteurs, qui ne font pas le poids [en matière de rendement] face aux Chinois. Le seul espoir est que le président prenne une initiative », a déclaré en octobre Sani Dangote, vice-président du groupe, cité par la presse nigériane.

Cette prise de position frise la menace de fermeture, ont estimé certains médias du pays, ce que le groupe a nié auprès de Jeune Afrique. Il faut dire que dans le même temps, Erisco Foods, premier producteur de concentré de tomates du pays, a annoncé dans une lettre ouverte, virulente à l’égard des autorités, la fermeture de son usine et le licenciement de 1 500 employés. Pis, son PDG, Eric Umeofia, entendrait délocaliser son activité… en Chine.

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