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Turquie-Afrique : haro sur les écoles Gülen !

Fethullah Gülen en 2013, en Pennsylvanie, aux Etats-Unis. © Selahattin Sevi/AP/SIPA

Fethullah Gülen a implanté ses établissements scolaires sur presque tout le continent. Erdogan, son ennemi juré, fait pression sur ses pairs africains pour les fermer. Ou tente de les reprendre en main.

Quatre mois après le putsch avorté du 15 juillet, dont le président, Recep Tayyip Erdogan, attribue la paternité au prédicateur Fethullah Gülen (son ennemi juré, qui fut jadis son allié), les arrestations se multiplient, visant des opposants, des journalistes, des élus, des militaires et des fonctionnaires, suspectés, à tort ou à raison, d’avoir frayé de près ou de loin avec l’imam, qui vit en exil aux États-Unis depuis 1999.

Pressions diplomatiques

Sur le continent africain, Ankara exerce de fortes pressions diplomatiques, exigeant de chaque capitale la fermeture immédiate de la centaine d’écoles affiliées à la confrérie guléniste. Problème : ces écoles, implantées dans la quasi-totalité des États, rencontrent depuis vingt ans un certain succès. Destinées à former les élites, ces institutions privées sont reconnues, y compris par Ankara, pour la qualité de leur enseignement.

« C’est un piège, elles forment des étudiants qui détiendront des positions clés dans la police, l’armée ou la magistrature et qui, un jour, commettront des coups d’État chez vous », tentait de convaincre Mehmet Akarca, directeur de l’information à la primature turque, devant un parterre de journalistes venus couvrir le Forum d’affaires Turquie-Afrique, début novembre à Istanbul.

Des injonctions mal perçues

Après la Somalie, avec qui la Turquie a tissé d’étroites relations économiques, diplomatiques et militaires, la Gambie, le Soudan et le Rwanda, le Tchad a donné à son tour, à la mi-novembre, les clés des écoles gulénistes à la Fondation Maarif. Une institution créée par le ministère turc de l’Éducation pour prendre en charge les étudiants, les infrastructures et les enseignements de ces écoles, qui faisaient aussi figure d’antenne culturelle de la Turquie sur le continent.

Le 24 octobre à Conakry, c’est sous sa bannière que les cours ont repris dans l’ancienne école Citadelle. Un mois auparavant, un arrêté du ministre guinéen de l’Enseignement y avait suspendu les inscriptions. Un nouveau directeur a été nommé. Son prédécesseur s’est quant à lui exilé au Sénégal. Mais, sur les 1 200 élèves inscrits, seule une minorité a repris le chemin des cours.

Alors que la Turquie dit vouloir placer ses relations avec les pays africains sous le signe de la confiance mutuelle, ce qui pourrait paraître comme une ingérence agace. Notamment au Nigeria, en Tanzanie et au Sénégal, comme l’atteste la fin de non-recevoir adressée mi-novembre par le président Macky Sall à son homologue turc, qui lui avait intimé de fermer les écoles Yavuz Selim.

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