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Livres : Corneille et sa croix

Corneille, en 2012, à Cannes. © Lionel Cironneau/AP/SIPA

« Me montrer sans faux-semblant. » C’est avec cette audacieuse promesse que Corneille commence cette autobiographie, qui est aussi son premier livre.

Le chanteur canadien d’origine rwandaise écrit effectivement ce qu’il n’avait jamais dit : sa conviction que les assassins de sa famille, tuée à Kigali le 15 avril 1994, étaient des soldats du Front patriotique rwandais (FPR, rébellion tutsie à l’époque).

Or si Corneille dit vrai cette fois, c’est qu’il mentait par le passé. Comme lorsqu’en 2013 il affirmait à l’auteur de ces lignes ignorer tout desdits tueurs. Pourquoi avoir si longtemps dissimulé sa version ? Corneille ne l’explique pas. Son récit est également évasif sur certains détails de son parcours. Qui est cette Marie, qui, dans le chaos des camps de réfugiés de Goma, parvient à lui trouver un passeport, un billet d’avion pour Kinshasa et une chambre dans le meilleur hôtel de la capitale zaïroise ?

Malgré ces zones d’ombre, le chanteur fait preuve d’une certaine sincérité en mettant à nu ses failles identitaires. « Mon père m’a légué des complexes, écrit-il. Je l’ai vu mourir de ses paradoxes et j’essaie aujourd’hui de mettre un peu d’ordre dans les miens. » Les évocations de l’abus sexuel que sa tante lui a fait subir, enfant, sont toutefois si nombreuses qu’elles en deviennent gênantes. Le style, très inégal, confirme qu’il est bien l’auteur du livre.

Sa lecture n’est pas désagréable, même si le talent d’écrivain sur lequel il espère fonder une nouvelle carrière n’a rien d’évident… Sur le chemin de la vérité, il faudra aller jusqu’au bout.

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