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"Cet article est issu du dossier" «Djibouti : le dernier défi»

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Comment Bruce Dickinson, chanteur du groupe de heavy metal Iron Maiden, a relancé Air Djibouti

Le patron de Cardiff Aviation a d'autres projets de reprise sur le continent. © Vincent Fournier/JA

Dans le secteur aérien également, le pays prend son envol, notamment grâce au flair du chanteur et pilote britannique Bruce Dickinson, qui a relancé la compagnie nationale.

Le gouvernement djiboutien a confié les manettes d’Air Djibouti à un as. Essentiellement connu pour être le chanteur d’Iron Maiden, le célèbre groupe de heavy metal britannique, Bruce Dickinson a pris, le 11 août, les commandes du B737 qui a décollé de Cardiff (Pays de Galles) pour rallier Djibouti lors du vol inaugural de « sa » compagnie. Car, même si le transporteur reste la propriété de la petite république, sa gestion ainsi que la maintenance de ses appareils ont été confiées en août 2015 à la société Cardiff Aviation, fondée en 2011 par Bruce Dickinson himself. Un sacré coup médiatique pour Djibouti, dont les autorités espèrent bien qu’il suffira à assurer la pérennité d’une compagnie tombée en faillite en 2002.

Du rock aux nuages

Leader d’un groupe mondialement connu qui, en près de trente-cinq ans de carrière, a écoulé plus de 16 millions d’albums, Bruce Dickinson est aussi un pilote chevronné qui cumule plus de sept mille heures de vol depuis l’obtention de sa licence, en 1991.

Le chanteur a profité d’un moment de tension au sein d’Iron Maiden pour prendre un peu d’altitude. Il a alors coupé ses cheveux longs et tombé le Perfecto pour enfiler la chemise blanche aux trois barrettes de commandant de bord afin de se faire embaucher par des compagnies britanniques. Depuis qu’il a rejoint ses copains de scène, en 1999, il n’a pas lâché le manche. C’est lui qui pilote le B747-400 chargé de convoyer le groupe aux quatre coins du monde lors de ses tournées.

En 2011, lorsque Astraeus, la compagnie aérienne pour laquelle il travaille en parallèle de ses activités musicales, met la clé sous la porte, Bruce Dickinson réalise son rêve et crée sa propre société, Cardiff Aviation, spécialisée dans la maintenance des avions de ligne et la formation des personnels de bord. Quelques années plus tard, il rencontre le représentant à Londres de l’Autorité portuaire djiboutienne, qui l’entretient du projet de relance de la compagnie nationale. Le temps de se rendre dans le pays afin de rencontrer le président, et le voilà embarqué dans l’aventure.

Priorité au fret

Le plan de vol de la compagnie est des plus précis. Pendant que le B767 est en maintenance au Pays de Galles (jusqu’en février), le B737 qu’elle a affrété est utilisé pour couvrir l’Europe et quelques destinations du golfe Persique, en attendant l’arrivée prochaine d’un BA146 qui, dans un premier temps, desservira la Somalie. Mais c’est dans le domaine du fret que les ambitions de la compagnie aérienne sont le plus manifestes, compte tenu de l’augmentation constante des volumes transitant par les ports djiboutiens. Pour répondre à l’énorme demande, Bruce Dickinson prévoit déjà l’arrivée, début 2017, de deux « B737 ou B757 » spécialisés.

En véritable businessman, et fort du soutien de Djibouti, il a le flair pour les opportunités que représentent les liaisons vers l’Europe via des lignes triangulaires pour embarquer de la marchandise en Afrique australe, mais aussi les connexions avec l’Asie, sans oublier les pays limitrophes de la Corne. Kenya Airways respecte déjà son nouveau concurrent. Ethiopian Airlines le craint. Et la petite musique jouée par Bruce Dickinson à Djibouti a déjà séduit plusieurs autres pays, du Portugal à l’­Albanie, sans oublier d’autres États d’Afrique francophone où il annonce disposer de deux contacts avancés.

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