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Djibouti : des villas aux bidonvilles

Par - à Djibouti

Le quartier pauvre de Balballa. © Vincent FOURNIER/Jeune Afrique

L’habitat devient une préoccupation majeure pour l’exécutif. Ismaïl Omar Guelleh tente d’y remédier en créant une fondation privée et en relançant la construction de logements sociaux.

Djibouti a deux visages. D’un côté, les villas modernes et un brin ostentatoires – comme celles du quartier-champignon de ­Haramous, près de l’aéroport –, les tours et les futurs centres commerciaux qui bousculent la verticalité de la vieille ville. De l’autre, l’habitat précaire, principalement visible aux abords du quartier populaire de Balbala, où s’étendent les bidonvilles, construits au moyen de cartons et de sacs plastique. Un grand écart jugé aujourd’hui intolérable par le président Ismaïl Omar Guelleh (IOG), qui a fait de la lutte contre le mal-logement l’une des priorités de son quatrième mandat.

Le chef de l’État vient d’ailleurs de lancer sa propre fondation, dont la mission est de « loger décemment les plus démunis, toutes ces catégories de personnes qui ne peuvent emprunter l’argent nécessaire ». En s’appuyant sur la solidarité des Djiboutiens et, en particulier, celle du secteur privé, la fondation a engagé la construction de 2 000 logements standard sur les 5 000 dont la capitale aurait besoin pour voir disparaître ses bidonvilles. IOG assure être en mesure de remettre, en personne, les 200 premières clés « avant la fin de cette année ».

Parallèlement à l’initiative présidentielle, le ministère de l’Habitat poursuit l’objectif, fixé il y a cinq ans, de construire près de 27 000 logements sociaux. « Il s’agit de réduire le déficit constaté depuis quinze ans et amplifié par les pressions démographique et migratoire », explique Kadir Abdallah Youssouf, le directeur du Fonds de l’habitat, dépendant du ministère. Les 3 000 premières maisonnettes devraient sortir de terre sous peu grâce aux 105 millions de dollars (environ 95 millions d’euros) collectés auprès de diverses institutions internationales.

Car si le foncier ne manque pas autour de la capitale, les budgets restent en revanche plus difficiles à boucler. « Nous sommes en négociation pour 20 000 logements supplémentaires », assure Kadir Abdallah Youssouf. La capitale n’est pas la seule concernée par ce programme, puisque le Fonds travaille également à réunir les capitaux nécessaires à la construction de 500 logements dans chaque chef-lieu de région.

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