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Tunisie : Youssef Chahed en mission séduction à Paris

Avec Manuel Valls, son homologue français, à Matignon. © HAMILTON/REA

Lors de sa visite dans l’Hexagone, le Premier ministre a tout fait pour convaincre les autorités françaises d’investir davantage dans son pays. Car les belles promesses tardent à se concrétiser…

Citant Sénèque, selon lequel « il n’y a point de vent favorable pour celui qui ne sait dans quel port il veut arriver », le chef du gouvernement tunisien a choisi Sciences-Po Paris pour expliquer les ambitions de son pays, qui accueillera la Conférence internationale sur l’investissement les 29 et 30 novembre.

Assuré de la présence de son homologue français, Manuel Valls, ainsi que de l’engagement « total » de la France à son côté, Youssef Chahed est rentré satisfait. Ou presque. Car, estime-t-il, l’aide internationale « n’est toujours pas à la hauteur des enjeux », et la route de la relance économique est encore longue.

Une importante délégation en quête de soutiens

Poignées de main fermes, sourires de circonstance et discours bien rodés ont ponctué le séjour du chef du gouvernement, venu accompagné d’une délégation comptant Fadhel Abdelkefi, ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Selma Elloumi Rekik, ministre du Tourisme, et Iyed Dahmani, ministre chargé des relations avec le Parlement. Car après avoir tenté de rassurer et de convaincre les Tunisiens, l’heure est à la séduction des partenaires étrangers.

Opération réussie ? Si les demandes tunisiennes trouvent écho sur le Vieux Continent, les réponses tardent encore souvent à se concrétiser. Comme le plan de soutien de 1 milliard d’euros sur cinq ans, annoncé par François Hollande il y a presque un an, évoqué à nouveau à Paris. Ou la reconversion de la dette tunisienne en projets de développement « afin de contribuer réellement à la reconstruction du pays ».

C’est l’Agence française de développement (AFD) qui instruit et suit de près l’exécution de tels projets – le plus souvent par des entreprises françaises –, malgré la réprobation des partisans d’un audit destiné à identifier et à fonder l’annulation de la « partie illégitime » de la dette tunisienne.

Rémy Rioux, le nouveau directeur général de l’Agence, de retour de sa première visite officielle en Tunisie depuis sa nomination, en mai, faisait d’ailleurs partie de la délégation accueillant le Premier ministre tunisien dans la capitale française. En discussion, les apports directs de l’AFD, les projets en cours tels qu’un hôpital régional à Gafsa, mais aussi la volonté de soutenir d’autres secteurs, tels l’e-santé et le développement durable.

Un appel lancé aux investisseurs

Au sommet de l’État comme sur les bancs de l’université, l’appel de Youssef Chahed est le même : la Tunisie achève sa transition politique et démocratique, mais elle a encore besoin de toute l’aide possible pour redresser son économie – et effectuer un « décollage économique », selon ses termes.

Un véritable plaidoyer insistant sur l’explosion des déficits publics depuis la révolution, mais aussi sur « l’exception tunisienne » et la nécessité d’investir dans un pays « compétitif », « peu coûteux » et doté d’un bassin de création d’emplois prometteur. La Tunisie a besoin d’investissements et non de dons, a souligné Fadhel Abdelkefi. Mais cette relance doit aller de pair avec une stabilité sécuritaire nécessitant, selon Tunis, un accroissement de l’aide française et européenne dans ce domaine.

Relancer le secteur touristique

L’Hexagone, premier générateur d’investissements étrangers en Tunisie, compte le rester, ont rassuré Matignon et l’Élysée, en invitant, une fois encore, leurs concitoyens à faire du tourisme de l’autre côté de la Méditerranée.

Des chefs d’entreprise et hommes d’affaires français devraient également prendre part à la Conférence sur l’investissement à la fin du mois, au côté de Manuel Valls, a confié – et souhaité – le ministre tunisien du Développement. Un rendez-vous crucial pour présenter le nouveau modèle économique national et convaincre les bailleurs de fonds et investisseurs internationaux, a martelé Youssef Chahed lors de sa dense tournée parisienne.

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