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Madagascar : la santé de l’industrie textile en nette amélioration

Par - envoyé spécial

Ateliers de Cottonline, filiale de Socota. © Rijasolo/Riva Press

Nombre de marques de prêt-à-porter internationales, notamment françaises et italiennes, font confectionner leurs modèles dans les usines de la zone franche d’Antananarivo.

Après les années difficiles marquées par les crises politiques de 2002 et de 2009, qui ont fait fuir de nombreux clients, en particulier aux États-Unis, l’industrie textile malgache affiche une bien meilleure santé. La force de Madagascar, c’est sa zone franche, créée en 1990, qui offre une fiscalité avantageuse.

« Compte tenu des difficultés que l’on doit surmonter ici, s’il n’y avait pas cette zone franche, on ne serait pas établis à Madagascar », confirme Frédéric Wybo, directeur général d’Ultramaille. Avec un effectif de 1 000 employés, cette entreprise phare du secteur, spécialisée dans le tricot et la bonneterie, est installée dans la zone franche d’Antananarivo, d’où elle exporte principalement vers l’Europe et l’Afrique du Sud.

Des signes encourageants

Avec le retour à la stabilité, d’autres marchés s’ouvrent ou réapparaissent. Madagascar a notamment été réintégrée à la mi-2014 parmi les bénéficiaires de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa, loi qui facilite l’accès au marché américain). Selon les données du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) et de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), entre janvier et juillet les exportations malgaches vers les États-Unis ont déjà atteint 55 millions de dollars, contre 22 millions sur la même période en 2015.

« Cette année, nous avons réussi à toucher le marché américain, et nos carnets de commandes sont plus que jamais pleins, se réjouit Frédéric Wybo. Les perspectives sont très bonnes, car la Chine n’est plus très compétitive dans ce domaine, et tout le monde se tourne vers Madagascar. »

Reste que les entreprises du pays ont perdu en compétitivité durant la transition, notamment vis-à-vis d’autres exportateurs, comme le Bangladesh. Certaines, craignant de voir augmenter leurs coûts de production, hésitent à investir dans du matériel trop sophistiqué, qui permettrait pourtant d’améliorer les cadences, et les difficultés à trouver du personnel qualifié ralentissent le développement du secteur. La formation des ouvrières et des ouvriers du textile est donc un défi de taille à relever pour le pays.

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