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Sommet de l’OIF à Madagascar : la francophonie utile

Au sommet de Dakar, le 30 novembre 2014, lors de l’élection de Michaëlle Jean à la tête de l’OIF. © sow moussa/AFP

Suspendue de l’OIF de 2009 à 2014, Madagascar accueille cette année « son » sommet. Au programme : la croissance partagée et le développement responsable.

Tana va enfin accueillir « son » sommet de la Francophonie. Celui de 2010, dont elle devait être l’hôte, avait été délocalisé en urgence à Montreux, en Suisse, puisque, à la suite du coup d’État d’Andry Rajoelina, en mars 2009, la Grande Île avait été suspendue de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pendant cinq longues années.

Ce n’est donc pas la petite explosion survenue le 31 octobre sur le chantier de l’un des nouveaux hôtels d’Ivato qui va bouleverser le calendrier. Une légère déflagration d’ailleurs, qualifiée de simple « incident » par Michaëlle Jean, alors présente à Antananarivo.

Focus sur la francophonie économique

Pour son premier sommet en tant que secrétaire générale de l’OIF, la diplomate canadienne, tout comme les autorités malgaches, met tout en œuvre pour que le rendez-vous soit réussi. « Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement ont déjà confirmé leur venue, et plus de 3 000 délégués sont attendus pour prendre part à ce XVIe sommet », précise le Camerounais Jean-Louis Atangana Amougou, directeur de cabinet de Michaëlle Jean. Le programme promet d’être chargé. D’autant que le thème retenu pour ces deux jours est particulièrement vaste.

La jeunesse francophone aura une place privilégiée durant ce sommet

Défini lors du sommet de Dakar, en 2014, il s’inscrit dans la continuité de la Conférence des parties (COP) et des Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. « Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone »… Un intitulé si long qu’il en est presque abscons.

« L’idée est surtout de s’attarder sur la francophonie économique, déjà mise en avant à Dakar, dans la foulée de l’organisation de l’espace économique francophone, explique Jean-Louis Atangana Amougou. Avec un accent particulier sur les bonnes pratiques et les échanges d’expériences, notamment en matière de formation professionnelle. » L’installation à Dakar, en janvier 2017, d’un Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation doit justement concrétiser ce dossier, inscrit au rang des priorités de l’OIF.

Les questions au programme

La formation doit également être au menu des volets politiques et diplomatiques du sommet. Au-delà des traditionnels rappels au respect des principes démocratiques et des droits de l’homme, une large partie des débats portera sur le rôle d’accompagnement que peuvent jouer les pays francophones du Nord pour aider d’autres États à renforcer leurs capacités institutionnelles et juridiques.

Sans oublier le soutien à apporter aux sociétés civiles pour qu’elles puissent tenir toute leur place dans le dialogue social. La question sécuritaire sera bien entendu abordée, sous le prisme de « la nécessaire mutualisation des moyens pour lutter contre le risque terroriste, notamment en Afrique », selon Jean-Louis Atangana Amougou.

Pas de sommet de la Francophonie sans culture. Pour cette édition, Michaëlle Jean a choisi comme credo « le français utile ». « Elle veut montrer que notre langue commune, tout comme l’anglais, est aussi employée au niveau international dans le cadre des affaires ou encore des sciences appliquées », souligne son chef de cabinet.

La jeunesse francophone aura également une place privilégiée durant ce sommet, que Jean-Louis Atangana Amougou annonce déjà innovant, ne serait-ce que dans la forme, puisque la litanie de discours qui avait endormi l’auditoire à Dakar lors de la cérémonie d’ouverture devrait laisser place à des interventions moins nombreuses et plus courtes.

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