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Pour une reprise en main de l’environnement en Tunisie

Panneaux photo-voltaïques sur le toit d'une habitation individuelle dans la ville de Sayada, en Tunisie. © Habib M'henni/CC/Wikimedia commons

Depuis le sommet de la Terre, à Rio, en 1992, jusqu’à la révolution de 2011, la Tunisie s’est dotée d’un ensemble d’outils institutionnels, juridiques, techniques et financiers pour mettre en œuvre une politique de sauvegarde et de protection de l’environnement.

Malgré cette dynamique apparente, les principaux problèmes posés en matière d’environnement n’ont fait que s’amplifier : surexploitation et dégradation des ressources naturelles, occupation souvent incontrôlée d’une bande littorale sensible et fragile, croissance urbaine segmentée et chaotique, gestion irrationnelle des déchets domestiques et industriels, pollution et détérioration de certains écosystèmes majeurs entraînant une perte significative de leurs fonctions socio-économiques, comme on l’observe dans le golfe de Gabès…

Sur cette période, l’édifice politico-institutionnel relatif à l’environnement a pâti d’un faible ancrage auprès des principaux acteurs publics et privés comme de l’ensemble de la population. Avec des institutions affaiblies et des citoyens désengagés, le choc de la révolution a fait perdre à ce domaine la quasi-totalité de ses assises.

L’environnement doit être intégré à toutes les politiques, économique et sociale

Un dérèglement dont ont particulièrement souffert la préservation de la biodiversité, la lutte contre les pollutions, l’aménagement urbain, la gestion des déchets ainsi que celle de l’exploitation des ressources naturelles continentales et marines. Et, depuis 2011, la gouvernance environnementale est d’autant plus imparfaite que ces problématiques ont été reléguées au second plan, au profit de questions politiques et socio-économiques.

Un repositionnement de l’environnement comme élément majeur et essentiel au développement, au même titre que le volet socio-économique, est indispensable à la réussite de la transition dans laquelle la Tunisie est engagée. Jusqu’à présent abordé comme un secteur individuel et isolé, il doit désormais être intégré à toutes les politiques, économique et sociale, et être partie prenante d’un développement inclusif. La décentralisation, qui tarde à se concrétiser, devrait contribuer largement à la promotion de cette nouvelle approche au niveau local.

L’équilibre de la Tunisie et la qualité de vie de sa population tiennent aujourd’hui à la volonté de mettre en œuvre une politique efficace et performante non seulement pour préserver son capital naturel, mais aussi pour sauvegarder les fonctions socio-économiques de ses écosystèmes continentaux et marins. Sinon, un certain nombre d’activités humaines risquent d’être privées des composantes naturelles dont elles ont besoin.

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