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Cameroun : Paul Biya intime

Lors de la 71e Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 22 septembre. © Carlo Allegri/REUTERS

Parfois décrié, le chef de l’État n’en demeure pas moins au pouvoir depuis trente-quatre ans. Mais, sur l’homme, rien ne filtre ou presque. Jeune Afrique a voulu percer le secret de ce Président aussi discret qu’habile.

Secret, solitaire, à la fois omniabsent et omniprésent, désespérant d’inactivité mais en réalité constamment en état de veille, fuyant les médias comme d’autres l’Ebola, aussi brillant que charmeur en privé, as du pilotage automatique et du gouvernement à distance – mais jamais par procuration… Les Camerounais ne se sont jamais retenus d’étriller leur étrange président.

Trente-quatre ans que dure cette singulière histoire d’amour-haine ! La dernière poussée de fièvre date du 21 octobre, lorsqu’un train de la desserte Yaoundé-Douala déraille à Eseka, tuant près d’une centaine de personnes. Absent du Cameroun depuis un mois, le président ne se presse pas de rentrer. Il prend son temps pour regagner la capitale – deux jours après l’accident –, interrompant enfin une cure de thalassothérapie dans la ville suisse de Montreux.

S’il a décrété un jour de deuil national, il ne s’est pas rendu sur le lieu du drame. Il n’en fallait pas plus pour que le « Biya bashing » dégénère en langage plus fleuri, notamment sur les réseaux sociaux. Mais attention, au Cameroun, le choix des mots n’équivaut point à un baromètre électoral. Les partisans du président de 83 ans le poussent à se représenter en 2018, à la fin du septennat en cours.

Comment cet homme parvient-il à « anesthésier » le seul pays d’Afrique subsaharienne qui fit la guerre à l’ancienne puissance coloniale, la France ? Le sphinx est une énigme, que journalistes et biographes ont du mal à cerner. On ne dirige pas, assis sur un volcan, par hasard. Dans cette atmosphère de fin de règne, Jeune Afrique a rencontré, sous le couvert de l’anonymat, des proches et anciens collaborateurs pour évoquer l’intimité du méconnu d’Etoudi.

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