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Franc CFA : le fantasme des comptes d’opérations

Billets de 10 000 francs CFA. © Kaysha/CC/Flickr

C’est sans doute le point le plus clivant dans le débat sur le franc CFA : les comptes d’opérations ouverts par la BCEAO et la BEAC auprès du Trésor français pour y déposer une partie (50 %) de leurs réserves de change en contrepartie de la convertibilité de la monnaie.

D’après les détracteurs de cette dernière, il s’agit là de précieuses ressources financières (estimées à 13 000 milliards de FCFA – plus de 19 milliards d’euros – fin 2015) dont se privent les économies de la zone. Et qu’elles pourraient investir pour financer leur croissance. D’après une source à la BEAC, cette critique est la preuve même de l’ignorance qui entoure le fonctionnement de ce système monétaire.

L’économiste Malamine Mohamed confirme : « Les réserves de change détenues par la BCEAO et la BEAC ont en réalité déjà été injectées dans les économies de la zone en équivalent franc CFA. Concrètement, lorsqu’une société résidant au sein de l’UEMOA ou de la Cemac rapatrie des recettes d’exportations vers sa banque, celle-ci cède les devises à la BCEAO ou à la BEAC. Ces dernières les logent dans un compte extérieur et créditent ensuite le compte de cette banque tenu en franc FCFA. »

C’est exactement la même chose qui se produit lorsqu’un État bénéficie d’un concours extérieur : « Le bailleur cède les devises à la BCEAO ou à la BEAC, qui à leur tour versent la contre-valeur en franc CFA au dit État. » En réalité, quand les pourfendeurs du franc CFA demandent aux banques centrales d’utiliser ses réserves, ils attendent d’elles qu’elles fassent tourner la planche à billets.

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