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Sénégal : au PS, le linge sale se lave en public

Par - à Dakar

© Glez

Échauffourées, menaces de mort… Les barons du parti s’écharpent jusque devant les tribunaux. Et Khalifa Sall, le maire de Dakar, pourrait bientôt en faire les frais.

Au Parti socialiste sénégalais (PS), les divergences politiques se règlent désormais par procédures judiciaires interposées. Depuis le mois de juin, plusieurs dizaines de militants et de cadres du parti ont été entendus par la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre d’une plainte déposée par le secrétaire général du PS, Ousmane Tanor Dieng, pour coups et blessures, menaces de mort et dégradation de biens appartenant à autrui.

Des positions opposées quant au référendum

Celle-ci fait suite aux échauffourées qui avaient émaillé, le 5 mars, une réunion du bureau politique dont l’ordre du jour était particulièrement sensible, puisqu’il s’agissait de prendre position sur le référendum voulu par le président, Macky Sall. Un dossier qui, au PS, était facteur de division.

À l’intérieur de la Maison du parti, la direction, fidèle à l’alliance nouée depuis 2012 avec le chef de l’État au sein de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY), entendait faire campagne pour le « oui ». Mais, au dehors, plusieurs dizaines de militants dakarois étaient bien décidés à voter « non », à l’instar du maire de la capitale, Khalifa Sall. Cette foule hostile a fini par envahir la salle, s’en prenant physiquement à Ousmane Tanor Dieng ainsi qu’à plusieurs de ses proches, comme le porte-parole du parti, Abdoulaye Vilane. Elle sera dispersée à coups de grenades lacrymogènes par la police, appelée en renfort.

L’affaire laisse alors croire à un clash imminent entre les deux principaux leaders du PS : Ousmane Tanor Dieng, ouvertement rallié à Macky Sall, et Khalifa Sall, partisan d’un retour à l’autonomie. L’état-major du parti est en effet convaincu que l’épreuve de force n’avait rien de spontané et que les échauffourées ont été planifiées. Jusqu’à quel niveau ? « Khalifa Sall et Bamba Fall, le maire de la Médina, sont clairement soupçonnés par la direction d’en être les instigateurs », assure une source au fait du dossier judiciaire.

L’un des premiers militants convoqués par la DIC, Cheikh Sall, est un neveu et collaborateur du maire de Dakar. D’autres membres de son premier cercle lui succéderont, comme le coordinateur de son principal mouvement de soutien, Babacar Diop, son directeur de cabinet, Bira Kane Ndiaye, ou encore la députée Aminata Diallo, coordinatrice du Mouvement Fal Khalifa Sall 2019. L’étau se resserre donc autour du maire de Dakar, qui s’attend à être entendu prochainement.

« Faux et usage de faux »

Dans le clan des frondeurs anti-Tanor, une contre-offensive – elle aussi judiciaire – vient toutefois d’être lancée par Barthélémy Dias, député et maire de Mermoz-Sacré-Cœur, une commune de la capitale. Affirmant que la direction du parti entretient « un socialisme de caserne », refusant toute démocratie interne « au profit d’un soutien inconditionnel au régime de Macky Sall », il s’apprête à son tour à déposer plainte pour faux et usage de faux.

En cause, le vote des coordinations socialistes visant à définir la stratégie du parti en vue des législatives de 2017. Selon Barthélémy Dias, cette consultation – dont les résultats officiels sont toujours attendus – serait entachée d’irrégularités dans le seul but de faire triompher l’option du maintien du PS dans la coalition gouvernementale.

Quelques jours après avoir dévoilé ses intentions, le maire indocile de Mermoz-Sacré-Cœur apprenait que son propre procès pour coups et blessures ayant entraîné la mort d’un « nervi » du Parti démocratique sénégalais (PDS), dans le cadre d’une affaire remontant à décembre 2011 où il plaide la légitime défense, devait s’ouvrir le 20 octobre, alors que la procédure était en sommeil depuis plus de quatre ans. À l’époque, il avait pu compter sur le soutien d’Ousmane Tanor Dieng… et de Macky Sall.

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