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Algérie : Abdelwahab Derbal, le choix très contesté de Bouteflika à la tête de l’instance de surveillance des élections

Avocat de formation et conseiller au palais d’El-Mouradia, cet ancien ambassadeur est un homme de pouvoir. © DR

Proche du président algérien, cet ancien député d’Ennahda pourrait prendre la tête d’une instance de surveillance des élections déjà très contestée.

À huit mois des élections législatives, qui s’annoncent déjà houleuses, un nouveau sujet de discorde est venu alimenter les tensions entre pouvoir et opposition. Le 9 octobre, un communiqué officiel annonçait que le président Bouteflika envisageait de nommer Abdelwahab Derbal à la tête de la Haute Instance indépendante de surveillance des élections (HIISE).

Aussitôt formulée, et alors qu’elle doit être officiellement entérinée en novembre, cette proposition a suscité critiques et réticences de la part des partis d’opposition, qui contestent l’existence même de cette instance, dont la composition et les prérogatives ont été définies par la nouvelle Constitution, adoptée en février.

Une absence d’indépendance décriée par l’opposition

D’après l’article 194 de la loi fondamentale, le président et les magistrats de la HIISE sont nommés par le chef de l’État, après consultation des partis. Les autres personnalités indépendantes qui y siègent sont choisies par la société civile, mais là encore désignées par Bouteflika.

Composée de 410 membres, cette instance est notamment chargée de la supervision du fichier électoral élaboré par l’Administration, de la surveillance des opérations de vote et de l’étude des recours.

« Le pouvoir organise les processus électoraux et choisit lui-même les hommes qui doivent veiller à leur probité, fulmine un opposant. On sait d’avance que les législatives de 2017 ne seront pas propres. » Afin de garantir un scrutin loyal, l’opposition réclame une commission nationale indépendante. En vain.

Ancien ambassadeur

Si le futur président de la HIISE a les faveurs du Front de libération nationale (FLN) et du Rassemblement national démocratique (RND), qui siègent au gouvernement, ses détracteurs ne voient pas dans son parcours un gage d’indépendance. Avocat de formation, Abdelwahab Derbal, 64 ans, a été député du parti islamiste Ennahda à la fin des années 1990, avant de rallier le camp de Bouteflika.

Ministre chargé des relations avec le Parlement entre 1999 et 2004, il a été ensuite conseiller au palais d’El-Mouradia, puis ambassadeur à Bruxelles et en Arabie saoudite. Autrement dit, c’est un homme du pouvoir et, à ce titre, il n’agrée pas à l’opposition.

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