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Musique : Solange Knowles, des armes dans la voix

Solange Knowles, a singer, model and DJ who is Beyonce's sister, performs in the Gobi tent during the Coachella Valley Music and Arts Festival at the Empire Polo Club in Indio, Calif., April 12, 2014. The multi-stage annual music and arts festival runs this year from April 11 through 13, and again from April 18 through 20. Chanteuse MUSIC FESTIVAL ROCK POP MUSICIANS PERFORMANCE STAGE SINGERS FANS © emily berl/NYT-REDUX/REA

« Ne le prenez pas mal si vous ne pouvez pas chanter, le monde entier vous appartient. » Avec ces mots ironiques adressés à la communauté blanche, Solange Knowles donne le ton. Son album "A Seat at the Table", sorti le 30 septembre, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Pas seulement parce que la sœur de Beyoncé a livré un opus soul et R&B étonnamment maîtrisé comparé à ses deux précédents disques.

Sa voix se pose comme un souffle sur des arrangements dépouillés et jazzy (nappes d’orgue rétro, beat électronique, basse lourde) donnant à l’ensemble une émouvante fragilité. La crème du hip-hop (Lil Wayne, Q-Tip) et du R&B (The-Dream, Kelly Rowland) l’a rejointe, ajoutant à l’intensité des compositions. Surtout, la tout juste trentenaire offre un cadeau à sa communauté d’origine.

 

 

 

Il y a quelques mois, son aînée Queen B célébrait la femme noire et reprenait un extrait d’un discours de Malcolm X dans son album Lemonade. Solange, elle, multiplie les messages d’espoir et de soutien aux Africains-Américains, comme dans son single « Don’t Touch my Hair ».

Célébrer la culture noire ne signifie pas qu’on rejette la culture blanche

Simple calcul marketing ? Difficile à croire : la chanteuse a commencé à plancher sur son album il y a quatre ans, à un moment où le discours pro-Blacks était moins à la mode sur la scène pop internationale. Dans un interlude intitulé « Tina Taught Me », elle cède la parole à sa mère, Tina Lawson : « Je pense que tout commence par le fait d’accepter qu’être noir est tout simplement beau […]. Et cela me rend vraiment triste que nous ne soyons pas autorisés à exprimer cette fierté d’être noirs. Et si on le fait, on est considérés comme étant anti-Blancs. Non, nous sommes simplement pro-Blacks, et il n’y a pas de mal à cela. […] Parce que célébrer la culture noire ne signifie pas qu’on rejette la culture blanche. »

Au fond, ces paroles résument bien toute la complexité du projet de Solange comme de celui des autres stars africaines-américaines qui s’aventurent aujourd’hui sur le terrain de la fierté noire : créer un disque communautaire sans heurter ou exclure un public blanc qui consomme leur musique.

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