Fermer

Nissan prend son élan depuis Pretoria

L’usine de Rosslyn, dans la banlieue de Pretoria, va augmenter ses cadences dès cette année. © Lucky Nxumalo/City Press/Gallo Images/Getty Images

Figurer dans le trio de tête en Afrique subsaharienne, c’est l’objectif que s’est fixé le constructeur japonais. Et c’est à partir de l’Afrique du Sud qu’il mène l’assaut.

Faire figurer Nissan parmi les trois premières marques d’Afrique subsaharienne, c’est l’objectif de Xavier Gobille, directeur commercial de la marque japonaise. Et, malgré le ralentissement de l’économie, il n’entend pas s’en éloigner. Présent dans 43 pays au sud du Sahara, Nissan espère y détenir 13 % de parts de marché d’ici à 2019. Cette offensive, le constructeur japonais la mène depuis l’Afrique du Sud et son usine de Rosslyn, dans la grande banlieue de Pretoria.

De nouveaux modèles

En 2015, les lignes de production ont fabriqué 40 000 pick-up NP200 et NP300, dont 15 000 ont été exportés sur le continent. À ces deux modèles, plutôt en fin de vie, Nissan devrait en ajouter un troisième, pour l’heure confidentiel, pour augmenter les cadences, avec un objectif de 75 000 exemplaires produits cette année et plus de 100 000 à terme.

Cette montée en puissance est le résultat d’un plan d’investissement de 1 milliard de rands (89,17 millions d’euros) annoncé en 2012 sur le site de Rosslyn. En plus des pick-up, Nissan commercialise depuis 2013 son véhicule électrique Leaf. « À mesure que les pays en développement vont s’industrialiser, il y a aura de plus en plus de pression pour qu’ils régulent leurs émissions de gaz à effet de serre », explique Xavier Gobille. Mais les freins au décollage des ventes sont encore nombreux, comme sa faible autonomie ou le manque de points de recharge. Le constructeur s’est d’ailleurs entendu avec l’allemand BMW pour développer un réseau commun permettant de faire le plein d’électricité dans tout le pays.

Nissan investit aussi le segment des petites automobiles bon marché, moins gourmandes en carburant. Depuis fin août, il commercialise le modèle Datsun Go, produit en Inde.

Production locale

Pour atteindre l’objectif de 200 000 véhicules vendus en 2017 sur le continent (contre 110 000 en 2012), Nissan mise aussi sur le Nigeria. Lors d’un récent voyage à Lagos, Mike Whitfield, directeur général Afrique de Nissan, a plaidé la cause des constructeurs automobiles auprès du président Muhammadu Buhari.

Le géant africain, qui veut développer une industrie locale, a fixé en 2015 les droits d’entrée des voitures à 70 % de leur valeur pour obliger les marques à produire localement. Mais le marché des véhicules neufs, concurrencé par les importations illégales et les voitures d’occasion, est trop restreint pour inciter les constructeurs à investir massivement, d’autant que sur place il n’y a pas de sous-traitants, indispensables à la fabrication locale. Si 800 000 véhicules s’écoulent annuellement sur le marché domestique, 40 000 seulement sont des voitures neuves.

Nissan souhaite faire du Nigeria une plateforme pour exporter vers toute l’Afrique de l’Ouest

Or, comme l’a expliqué Mike Whitfield, obtenir 20 % du marché nigérian serait intéressant si cette part portait sur 400 000 unités et non sur les 40 000 véhicules neufs actuellement vendus.

Pour l’heure, certaines marques, dont Nissan, se contentent d’usines de montage. La firme de Yokohama est associée au groupe local Stallion pour produire des SUV Patrol, dont le design a été rafraîchi au début de cette année. S’il ne donne pas de détails sur le nombre de véhicules sortis de cette usine, Mike Whitfield reconnaît que la cadence est plus lente que prévu, notamment en raison du manque de disponibilité des devises au Nigeria.

Un contretemps qui ne modifie pas sur le fond la stratégie de Nissan, qui souhaite aussi faire du Nigeria une plateforme pour exporter vers toute l’Afrique de l’Ouest. « Notre développement en Afrique ne répond pas à une vision à court terme, mais à moyen, voire à long terme », défend Xavier Gobille.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici