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Transport routier : les Centaures résistent

Par - à Abidjan

Acheminer un conteneur d'un port ouest-africain vers l'hinterland coûte souvent plus cher que de l'envoyer en Asie. © Jacques Torregano / J.A.

Le leader du secteur en Afrique de l’Ouest fait face à une concurrence féroce. Son PDG, un homme discret, compte sur ses deux fils pour redresser la barre.

Réservé, Bertrand Delsuc, PDG de l’entreprise de transport Les Centaures routiers, fondée par son père en Côte d’Ivoire, en 1953, refuse toutes les demandes d’interview. « Le patron préfère l’ombre. Il ne parle pas aux médias et ne fait pas de publicité », explique l’une de ses proches collaboratrices.

Les apparitions publiques de Bertrand Delsuc se comptent sur les doigts d’une main. L’une d’entre elles eut lieu en 2005, à la présidence ivoirienne, pour parapher, sous les regards du président Laurent Gbagbo et de l’ambassadeur de France André Janier, un accord mettant fin à plusieurs années de bataille juridique entre le transporteur et Mobil Oil.

La concurrence dérange

Plus de soixante ans après leur création, Les Centaures figurent parmi les poids lourds du secteur du transport routier en Afrique de l’Ouest. L’entreprise travaille pour le compte des plus grandes sociétés ivoiriennes, comme Sifca, pour laquelle elle achemine les productions d’huile de palme ou de canne à sucre depuis les plantations vers les ports du pays. En 2014, la société, qui possède plus de 400 camions et un dépôt de 20 000 m2 à Abidjan, avait réalisé un chiffre d’affaires de 14,4 milliards de F CFA (22 millions d’euros).

Mais Bertrand Delsuc, qui dirige la maison d’une main de fer depuis son siège du quartier Marcory, est bousculé depuis plusieurs années par des concurrents féroces comme CMA CGM ou Bolloré. Au point d’avoir un temps envisagé de céder son activité, comme le prouvent les contacts noués avec Bolloré ou Castel.

Le développement de l’activité passe notamment par la poursuite de la modernisation de la flotte de l’entreprise

Le sexagénaire aurait finalement changé d’avis, préférant transmettre le flambeau à ses fils, Sébastien et Olivier, soutenus par leur tante Anne-Marie Delsuc. Les contacts avec Castel ne sont d’ailleurs plus au beau fixe depuis que le groupe français a privé, fin 2015, Les Centaures routiers du contrat exclusif qui les liait à Solibra, sa filiale ivoirienne.

Aujourd’hui, la famille Delsuc tente d’absorber cet important manque à gagner – environ 40 % de son chiffre d’affaires. Le développement de l’activité passe notamment par la poursuite de la modernisation de la flotte de l’entreprise. Ces dernières années, Les Centaures routiers ont investi dans les nouvelles technologies, notamment dans les logiciels de tracking et dans des GPS, qui permettent de suivre en temps réel les camions de marchandises pour éviter des vols de cargaisons.

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