Aménagement de Lomé : stratégie capitale

Aménagement d’un carrefour et nouvel immeuble à Djidjolé (quartier nord-ouest de Lomé). © Àprésent pour JA

Le plan de développement du Grand Lomé devrait changer radicalement le profil de l’agglomération d’ici à 2030.

Dans le centre-ville comme dans les quartiers périphériques de Lomé, les travaux vont bon train : réhabilitation de la voirie, rénovation de bâtiments administratifs, construction de logements… Ils sont cependant loin d’être terminés, puisque les chantiers prévus dans le cadre du schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) de l’agglomération s’échelonnent jusqu’à l’horizon de 2030.

Un plan d’urbanisation tourné vers développement

Les pouvoirs publics ont en effet adopté en juillet 2012 une stratégie de développement urbain (SDU) du Grand Lomé, élaborée avec l’appui de partenaires techniques, parmi lesquels l’Agence française de développement (AFD), Cities Alliance (organisme conjoint de la Banque mondiale et de l’ONU-Habitat) et le Programme des Nations unies pour le développement humain (Pnud-Togo).

Inclus dans le document stratégique de réduction de la pauvreté, le projet a permis de dresser un diagnostic du développement de Lomé et de sa banlieue, puis d’identifier et de coordonner les chantiers indispensables en matière de mobilité, d’habitat, de services de base (assainissement, eau potable, électricité) et d’équipements sociaux et commerciaux, en tenant compte de sa croissance démographique et à l’échelle de l’agglomération.

Car, outre les cinq arrondissements historiques de la ville de Lomé, le territoire du Grand Lomé regroupe les cantons d’Aflao-Sagbado (Sud-Ouest), d’Aflao-Gakli (Ouest), de Sanguéra et de Vakpossito (Nord-Ouest), d’Agoè-Nyivé et de Togblékopé (Nord), de Légbassito (Nord-Ouest) et de Baguida (Sud-Est).

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Programme résidentiel WellCity à Adeticopé (nord de l’agglomération). © DR

Principale cheville ouvrière du projet de cette stratégie, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Cadre de vie, Fiatuwo Kwadjo Sessenou . « L’État doit offrir aux habitants de la capitale les infrastructures nécessaires pour un développement durable et intégral qui prenne en compte les défis du moment et ceux de demain », martèle-t‑il.

Le plan prévoit ainsi le renforcement des infrastructures de base dans le cœur historique de la capitale, où, par exemple, plusieurs bassins artificiels d’assainissement ont été construits à des endroits stratégiques afin de faciliter l’évacuation des eaux, surtout en période de fortes pluies.

C’est aussi dans le cadre du SDAU que s’inscrit la construction de nouveaux centres urbains dans la capitale et dans les cantons de l’agglomération. Ainsi, au nord de l’université, dans la réserve administrative de Lomé II, le développement du nouveau quartier administratif se poursuit. Autour du nouveau palais de la présidence et de la primature viennent progressivement se greffer des ministères, des ambassades et des sièges d’institutions. C’est là que l’entreprise chinoise Jiangsu Nantong Construction Group est en train de bâtir le nouveau siège de l’Assemblée nationale, un complexe de 10 000 m2 qui doit être livré en 2018.

Une meilleure accessibilité

Contrairement à l’ancien centre administratif, situé dans le sud-est de la capitale, près du front de mer, la zone de Lomé II est facile d’accès. D’autant que, depuis 2011, les chaussées ont été modernisées (élargies, bitumées, équipées d’éclairage et de signalisation) et que les nouvelles voies de contournement du centre-ville ont permis de rendre fluide le trafic depuis et vers les nouveaux quartiers et localités du nord de l’agglomération (Adidogomé, Sanguéra et Agoè, Adétikopé).

C’est d’ailleurs dans le centre du quartier d’Adidogomé, traversé par le boulevard du 30-Août, que le gouvernement a lancé l’an dernier la construction de la cité Mokpokpo (« espoir », en langue éwé), un programme de 1 000 logements économiques et sociaux exclusivement destinés aux fonctionnaires.

La réalisation de la première tranche (dont le montant est estimé à 10 milliards de F CFA, soit environ 15 millions d’euros), a été confiée à la Société ivoirienne de promotion immobilière (Sipim) et à sa compatriote Abri 2000, qui doivent la livrer en 2018. Elle comprend la construction de 420 maisons de plain-pied (2, 3 et 4 pièces) et de 120 appartements (du studio au 3-pièces), ainsi que la création d’une école primaire, d’un centre de santé, de commerces et l’aménagement d’espaces verts. De quoi donner vie à un vrai quartier.