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"Cet article est issu du dossier" «Togo : le grand retour de Lomé»

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« Lomé bouge, et c’est grâce à la jeunesse »

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Duo de la musique togolaise composé de Masta Just (de son vrai nom Kossivi Fatowou) et Barabas (Blaise Mensah), le groupe Toofan est né en 2005. Depuis, les deux Loméens ont sorti quatre albums : Obragada (2006), Confirmation (2008), Carte de visite (2009) et Overdose (2014).

Toofan est un groupe musical fondé en 2005 au Togo, et composé de Fatowou Kossivi et de Blaise Mensah. © DR

Pour les membres du groupe togolais, Lomé n’a évidemment rien de comparable avec New York, Paris ou Pékin. Mais elle se modernise, s'ouvre et reste éveillée. "La vie est à Lomé", disent-ils.

Elle est coincée au milieu de grandes métropoles comme Accra, Abidjan ou Lagos. Pourtant, Lomé est une ville merveilleuse, dont la réputation va au-delà des limites du continent africain.

Nous y sommes nés et y avons grandi, dans le quartier Tokoin-Séminaire. Nous y vivons encore aujourd’hui, parmi les nôtres, aux côtés de nos frères et sœurs togolais, et au milieu des étrangers qui en ont fait leur port d’attache.

Notre groupe s’y est formé et y a connu ses moments les plus fous. Elle a un charme naturel, un petit quelque chose qui nous relie à elle lorsque nous sommes loin d’elle, lors de nos multiples déplacements.

« Notre capitale bouge »

Notre capitale donne parfois l’impression d’une petite ville fermée sur elle-même où tout le monde se connaît ; c’est ce que disent certains de nos amis lorsqu’ils viennent nous y rendre visite.

Mais la taille humaine de Lomé, loin de constituer un handicap, est au contraire un atout qu’il nous faut cultiver et exploiter en misant encore plus sur les transports en commun, en construisant des lieux conviviaux, comme des complexes sportifs pour la jeunesse et des aménagements pour les personnes âgées, en mettant aussi l’accent sur l’environnement, afin de préserver les espaces verts et d’en créer de nouveaux.

Lomé renaît. Et sa renaissance passe aussi par l’aménagement.

Le Lomé de 2016 n’a cependant plus rien à voir avec celui d’il y a dix ans. Notre capitale bouge, s’étend, reste éveillée, et c’est grâce, surtout, à une jeunesse déterminée qui a décidé de prendre en main sa destinée. C’est à cette jeunesse, qui a compris que le développement ne tomberait pas du ciel, que nous nous identifions.

Beaucoup a été fait sur le plan de l’aménagement et des infrastructures. Boulevard du 13-Janvier, boulevard Eyadéma, boulevard du Mono… Ces dernières années, les artères historiques de Lomé ont été entièrement reconstruites, et elles font désormais notre fierté. Lomé renaît. Et sa renaissance passe aussi par l’aménagement des grands boulevards de la banlieue nord. Aujourd’hui encore, les chantiers sont nombreux.

De nouveaux immeubles viennent donner à la ville une image de modernité. En plus de la restauration de l’hôtel du 2-Février, qui fait partie de l’ADN même de la capitale depuis les années 1970 – bien avant notre naissance –, des établissements hôteliers voient le jour pour accueillir plus de visiteurs.

L’ambiance des week-ends

Notre profession d’ambianceurs ne peut s’exercer que dans un environnement festif et joyeux. Lomé a justement la réputation d’attirer les boucantiers de la sous-région et d’ailleurs : ses boîtes de nuit de légende ont contribué à la faire entrer dans le palmarès des villes les plus « chaudes » du continent.

Si la plupart des établissements qui lui ont conféré cette réputation sont aujourd’hui fermés, d’autres ont pris le relais. Mieux, des lieux récréatifs modernes et sécurisés se sont ouverts. Sans parler de notre plage, réputée être l’une des plus belles du golfe de Guinée.

L’ambiance des week-ends loméens n’est pas seulement agréable, elle est singulière. Comme le prouvent les nombreux Béninois et Ghanéens qui viennent y séjourner entre copains ou en famille.

Lomé vivina (« Lomé est douce »), Lomévio dounagbé (« Les Loméens profitent de la vie »), Agbe le Lomé (« La vie est à Lomé »)… Les expressions sont nombreuses pour chanter l’art et la joie de vivre des Loméens. Et c’est redevenu une réalité.

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