Il était une fois un palais à Lomé

Par - envoyée spéciale

Le bâtiment colonial a hébergé la présidence dans les années 1970, puis la primature en 1991. © Aprésent pour JA

À l’abandon depuis plus de vingt ans, le Palais des gouverneurs, restauré et transformé en complexe culturel, ouvrira ses portes au public début 2017.

Situé sur le front de mer, l’ancien Palais des gouverneurs de Lomé est resté caché derrière les murs d’enceinte et l’épaisse végétation de son parc pendant plus de vingt ans. Endommagé au cours de la crise sociopolitique de 1990-1991, il était à l’abandon depuis lors. Restauré et converti en complexe culturel, il sera bientôt ouvert au grand public, pour la première fois de son histoire.

Construit entre 1898 et 1905 à la demande du gouverneur allemand August Köhler, l’immense bâtisse de 2 000 m2 est un bijou d’architecture dite « de la tête haute » : elle devait symboliser « la colonie allemande modèle » et être assez imposante pour que les navires croisant au large reconnaissent sa puissance. À l’indépendance, le palais est resté un lieu de pouvoir : il a accueilli le siège de la présidence de la République jusqu’en 1976, puis ses « hôtes de marque » et, en 1991, la primature.

Les artistes mis à l’honneur

Ses deux tours asymétriques, ses longs couloirs bordés d’arcades, son vaste patio et ses terrasses donnant sur l’océan reprennent vie à mesure que l’on s’approche de l’inauguration, prévue au premier trimestre de 2017. « C’est une restauration, pas une construction. Tout est fait pour que le palais redevienne tel qu’il était dans les années 1930, souligne Sonia Lawson, la chef de projet. Ce sera un lieu unique en son genre, avec plusieurs espaces d’exposition, une galerie d’art et de design, un restaurant, un salon de thé, une librairie… »

L’objectif est de mettre en valeur les artistes togolais et d’offrir aux Loméens et aux touristes un lieu de loisirs à vocation pédagogique. Au fil de l’escalier de l’une des tours, on pourra parcourir l’histoire de la ville. Le parc de 10 ha qui entoure le palais reflétera la variété des paysages du pays. À l’ombre d’une palmeraie, le restaurant servira une cuisine africaine contemporaine.

Financée par l’État pour un montant estimé de 2 milliards de F CFA (3 millions d’euros), cette opération de restauration et de transformation est le plus important chantier patrimonial jamais réalisé dans le pays. Et il est 100 % togolais, puisque l’ensemble des travaux a été confié à des PME locales, qui emploient 150 ouvriers de corps de métiers différents.

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