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États-Unis : avant Trump et Clinton, les duels télévisés qui ont marqué l’Histoire

Par - à New York

Hillary Clinton et Donald Trump rejoignant leur place lors de leur premier face-à-face à la télévision, le 26 septembre. © Joe Raedle/AP/SIPA

Kennedy-Nixon, Carter-Ford, Reagan-Mondale, Bush-Gore… Leurs duels télévisés ont marqué l’histoire de la présidentielle. Phrases assassines, traits d’humour ou gaffes : au tour de Clinton et Trump de jouer.

Il a pour la première fois opposé une femme à un homme et été suivi par près de 100 millions d’Américains – un record. Pas sûr pour autant que le premier des trois débats programmés, qui a mis aux prises Hillary Clinton et Donald Trump le 26 septembre, passera à la postérité, même si quelques réparties ont marqué les esprits. « Donald, je sais que vous vivez dans un monde à part, mais ces faits ne sont pas exacts », a ainsi décoché Hillary.

Le candidat républicain a riposté en accusant Clinton de manquer de tonus. « Pour être président de ce pays, il faut avoir une énergie phénoménale », a-t-il asséné entre deux grimaces, faisant allusion aux ennuis de santé de sa rivale. « Quand il aura voyagé dans 112 pays et négocié un accord de paix, un cessez-le-feu, la libération de dissidents, ou passé onze heures à témoigner devant une commission au Congrès, il pourra me parler d’énergie », a rétorqué la démocrate. Et toc.

Avantage pour Clinton

Pourtant ancien (et redoutable) présentateur télé, Trump est sorti en piteux état de ce débat, sans que Clinton en ait retiré un avantage décisif. Preuve que ces échanges tendus ne sont pas forcément de nature à faire pencher la balance en faveur de l’un ou de l’autre candidat. Mais les exemples contraires ne manquent pas dans l’histoire électorale américaine depuis le premier débat présidentiel télévisé, en 1960. Diffusé depuis Chicago en noir et blanc, celui-ci avait été déterminant.

Flottant dans son costume gris, suant à grosses gouttes, mal à l’aise, Richard Nixon, candidat républicain et alors vice-président d’Eisenhower, avait subi la loi du démocrate John F. Kennedy, dont le sourire Ultra Brite et la jeunesse flamboyante avaient, par contraste, ébloui. Il devait dans la foulée remporter la présidentielle. Nixon tira les leçons de ce débat et finit par être élu à son tour, en 1969.

Maladresses

La gaffe la plus mémorable a eu lieu, elle, en 1976, lors du débat opposant Jimmy Carter à Gerald Ford, le président républicain sortant. Ford avait alors déclaré qu’il n’y avait pas de « domination soviétique en Europe de l’Est », suscitant l’incrédulité générale et faisant basculer les votes en faveur de Carter (qui l’emporta avec seulement 50,1 % des voix).

En 1984, c’est le roublard Ronald Reagan qui, face à Walter Mondale, avait mis le public dans sa poche en balayant les polémiques dues à son âge (73 ans à l’époque). « Je ne vais pas exploiter à des fins politiciennes l’inexpérience et la jeunesse de mon adversaire », avait-il ironisé. Le président sortant gagna haut la main l’élection, remportant 49 États sur 50 et obtenant un vote populaire record de 58 %.

Un échange tout aussi décisif eut lieu quatre ans plus tard entre George H. Bush et Michael Dukakis. Alors que le modérateur du débat lui demandait s’il maintiendrait son opposition à la peine de mort si sa propre femme, Kitty, était violée et assassinée, le démocrate Dukakis avait bafouillé une réponse, ne montrant pas la moindre émotion. Avec à la clé une défaite très nette : il ne gagna que 10 États et n’obtint que 41 % du vote populaire.

En 2000, les prestations catastrophiques d’Al Gore face à George W. Bush ont également pesé lourd. Favori des sondages, Gore avait soupiré bruyamment lors des prises de parole de son adversaire, ayant peine à cacher son mépris. Bush l’avait emporté sur le fil, après des recomptages de voix à répétition qui discréditèrent le scrutin.

Avec deux autres débats prévus les 9 et 19 octobre, Trump et Clinton auront encore l’occasion de se démarquer, même si The Donald l’a déjà fait, pour le pire, en multipliant les déclarations douteuses tout au long de sa campagne. Il se pourrait même qu’il utilise « l’arme nucléaire » en évoquant les infidélités de Bill Clinton, comme il a semblé vouloir le faire le 26 septembre. « Je pourrais dire quelque chose de très dur à l’encontre de Hillary et de sa famille. Mais je me dis, je ne peux pas le dire. Je ne peux juste pas le dire. » Chiche, Donald ?

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