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Stratégie : l’aviateur Meridiana négocie son virage africain

Le transporteur propose désormais trois vols par semaine pour Dakar et deux pour Le Caire. © Meridiana

Grâce à la cession de 49 % de son capital à Qatar Airways, et après une restructuration, la compagnie italienne espère redécoller. Avec dans sa trajectoire de vol Accra, Lagos, Mombasa, Zanzibar…

Malgré les trous d’air, la deuxième compagnie italienne ­ – après Alitalia – a de beaux jours devant elle. Après de longues négociations, sa maison mère, Alisarda, a cédé en juillet 49 % de son capital à Qatar Airways. Mais Meridiana s’est bien gardée de communiquer le montant de la transaction, et ainsi de reproduire le faux pas qui avait fait capoter les tractations des Qataris avec Cyprus Airways en 2014.

Créé en 1963 sous le label Alisarda par Karim Aga Khan pour desservir la Sardaigne, dont il était alors le principal promoteur touristique, le transporteur, devenu Meridiana en 1991, étend d’abord son réseau aux grandes villes européennes avant d’absorber deux compagnies de charters, Eurofly et Air Italy, en 2010 et 2011, et de viser plus loin.

Établi à Olbia, dans le nord-est de la Sardaigne, il déploie alors sa voilure, gère une flotte de 27 avions et opère sur des destinations prisées par les vacanciers italiens et européens dont Dakar, La Havane, Cancún, Maurice et les Maldives.

Une importante réduction de capital

Mais en 2013, la crise rattrape Meridiana, qui cumule 155 millions d’euros de pertes. Elle lance un plan de restructuration, supprime 1 600 postes en 2014, soit près d’un quart de son effectif, et réduit sa flotte à vingt appareils avec neuf Boeing 737, un 767-200, trois 767-300ER et sept McDonnell Douglas MD82. Des efforts insuffisants selon Qatar Airways, qui exige dans le protocole d’accord signé en avril 2016 une nouvelle réduction de 900 postes, que la compagnie sarde a réussi à négocier avec les syndicats.

Ces conditions difficiles n’empêchent toutefois pas Meridiana de nourrir de nouvelles ambitions, notamment en Afrique. À partir de Milan, elle ajoute deux dessertes, Accra et Lagos, et accroît ses fréquences, avec trois vols par semaine pour Dakar et deux pour Le Caire. Elle compte également offrir deux rotations sur Charm el-Cheikh en Égypte et vers Zanzibar en Tanzanie ainsi qu’un vol hebdomadaire en direction de Maurice, de Mombasa, au Kenya, et des îles du Cap-Vert. Un programme ambitieux et des tarifs taillés au cordeau avec un Milan-Dakar à 236 euros l’aller simple et 223 euros pour Accra.

Cap vers de nouvelles destinations

Meridiana consolide par ailleurs ses attaches européennes en ajoutant, après Paris et Nice, Marseille à ses destinations. Elle développe aussi ses points de départ, en adjoignant Vérone et Rimini à Milan. Mais, restructuration oblige, elle se défait de son escale historique de Cagliari.

Fidèle à son histoire, Meridiana défriche de nouvelles routes pour fidéliser une clientèle en quête de soleil en hiver et d’horizons lointains. Sur ce point, elle développe un profil atypique qui a séduit la compagnie de Doha. Néanmoins, pour sceller définitivement son accord avec Qatar Airways, qui devrait être opérationnel à la mi-2017, reste à obtenir le feu vert de la commission antitrust européenne, qui limite à 49 % les participations d’un actionnaire hors Union européenne.


Royal Air Maroc dans le viseur qatari

Depuis 2014, la compagnie de Doha profite de la crise pour consolider son réseau. Après avoir mis la main sur 10 % du sud-américain Latam Airlines, elle vient de porter sa part du capital d’International Airlines Group (regroupant British Airways, Iberia, Aer Lingus et la low-cost Vueling) à 20 %, contre 10 % auparavant. Et elle ne compte pas s’arrêter là.

En ligne de mire, Royal Air Maroc. Qatar Airways vise au moins 25 % de son capital, afin de s’ouvrir vers l’Afrique de l’Ouest.

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