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Burkina Faso : Monsanto plie bagage

Par Jeune Afrique

Doulaye Traoré dirigeait le département de la recherche cotonnière à l’Inera quand les OGM sont arrivés. Il a défendu le projet Bt avant de franchir le Rubicon : il rejoint Syngenta en 2004, puis Monsanto en 2009.Dans la villa anonyme qui sert de siège à Monsanto, à Bobo-Dioulasso le 29 février 2016. © Théo Renaut pour J.A. © Théo Renaut pour JA

Le divorce semble consommé entre Monsanto et le Burkina Faso.

Dans un e-mail envoyé à ses amis et collaborateurs le 23 septembre, Doulaye Traoré (photo), le représentant de Monsanto en Afrique de l’Ouest, basé à Bobo-Dioulasso, annonce que la firme américaine spécialisée dans les pesticides et les OGM « a décidé de suspendre ses activités au Burkina Faso », exception faite « de celles relatives aux aspects réglementaires » – comme les tests en cours sur le maïs transgénique, réalisés avec des chercheurs de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (Inera).

Résiliation de contrat

Traoré indique ainsi avoir lui-même résilié le contrat qui liait son cabinet, Tho & Gniré, à Monsanto le 22 septembre. D’autres agents burkinabè de la firme se sont vu signifier la rupture de leurs contrats ces derniers jours.

La nouvelle n’a pour l’heure pas été officialisée. Mais plusieurs sources jointes à Ouagadougou et à Paris confirment que Monsanto aurait décidé de quitter ce pays, dans lequel il avait pourtant placé tous ses espoirs pour « vendre » aux Africains ses OGM, et qui fut longtemps son seul client en Afrique de l’Ouest.

Deux raisons sont avancées : le rachat de Monsanto par le groupe allemand Bayer, annoncé mi-septembre ; et la décision de la filière coton burkinabè, prise en mai dernier, de ne plus cultiver le coton Bt fourni par Monsanto, jugé décevant tant sur le plan du rendement que sur celui de la qualité de la fibre. La prochaine récolte, que la filière annonce excellente – le chiffre de 700 000 tonnes est avancé –, sera ainsi estampillée « sans OGM ».

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