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Le Cameroun et la stratégie des marchés

Par - à Yaoundé

Le barrage de Lom Pangar, dans l’est du pays, après sa mise en eau partielle, en novembre 2015. © Jean-Pierre Kepseu

Grâce à des activités diversifiées, notamment dans les filières agricoles, Yaoundé peut poursuivre ses investissements publics. En particulier, dans le secteur de l’énergie.

Les Camerounais ne le perçoivent pas toujours, mais les lignes bougent dans les secteurs énergétique et routier du pays. La mise en eau partielle du barrage-réservoir de Lom Pangar (dans l’est du pays) a permis le stockage de plus de 3 milliards de m3 d’eau, et, depuis fin 2015, le complexe hydroélectrique de Mekin (dans le Sud) livre déjà 5 MW, soit un tiers de la production attendue.

Le chantier du deuxième pont sur le Wouri, à Douala, progresse à son rythme, tout comme l’autoroute qui relie la capitale économique à Yaoundé, en dépit des blocages provoqués par des riverains mécontents de leurs indemnisations.

Des déterminantes pour l’émergence économique

Certains des projets structurants du programme de grandes réalisations entrepris au début de la décennie commencent à porter leurs fruits. Le port en eau profonde de Kribi en est le plus emblématique.

Dans sa lancée vers l’émergence, le pays a entamé la ­deuxième génération de chantiers, à l’instar du barrage hydroélectrique de Nachtigal (400 MW), dont le démarrage des travaux est prévu pour le premier trimestre de 2017.

Grâce aux marchés transfrontaliers, comme celui d’Abang-Minko’o, qui dessert la Guinée équatoriale et le Gabon, le Cameroun tire avantage de ses échanges commerciaux avec ses voisins de la Cemac. Même si une large partie de ces transactions demeurent informelles, elles ont permis de dégager un excédent de plus de 76 milliards de F CFA (près de 116 millions d’euros) en 2014.

L’agriculture, un secteur porteur

Car l’un des piliers de l’économie du pays reste l’agriculture, qui emploie près de 70 % de la population, contribue à 16,5 % du PIB et représente 55 % des exportations. Toutefois, ces statistiques se focalisent sur les cultures de rente et ne se font pas toujours l’écho de l’ampleur des échanges agricoles avec les voisins.

« Le Cameroun est le grenier de la région en la matière. Il exporte ses produits vers le Tchad, la Centrafrique, le Gabon, le Congo, le Nigeria et, au-delà, vers la RD Congo et l’Angola », confirme un document conjoint de la Banque africaine de développement, de l’Organisation de coopération et de développement économiques et du Programme des Nations unies pour le développement.

La très grande variété de fruits, de légumes, de céréales, de condiments, mais aussi de produits de l’élevage et de la pêche vendus sur les marchés camerounais ou exportés traduit la diversification engagée depuis le début des années 2000.

Elle a été grandement consolidée à travers le programme Agropoles, lancé en 2012, pour accroître la production des filières maïs, soja, riz et ananas. Avec plus de 20 agropoles et près de 250 entreprises créées, ce programme est doté d’un budget de plus de 11 milliards de F CFA (près de 17 millions d’euros) pour 2016.

Il devrait être étendu et intégré au Plan national de développement agricole (PDA). Objectif ? Que le Cameroun devienne la grande puissance agricole régionale d’ici à 2020.

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