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Symerre Grey-Johnson : « Dans l’énergie et les transports, le potentiel est énorme »

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Symerre Grey-Johnson est directeur de la division intégration régionale et commerce du Nepad. Il a répondu aux questions de Jeune Afrique.

Lancé dès 2001 par plusieurs chefs d’États du continent, le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) refait parler de lui ces dernières années. Mais pour de bonnes raisons cette fois.

Longtemps critiquée pour avoir promu des chantiers trop ambitieux et donc difficilement réalisables, l’organisation, placée dès sa création sous la tutelle de l’Union africaine, semble avoir corrigé le tir pour se concentrer dorénavant sur des dossiers plus modestes.

Elle est aujourd’hui impliquée dans seize projets à travers le continent. Directeur de la division intégration régionale et commerce du Nepad, le Sud-Africain Symerre Grey-Johnson, 41 ans, revient sur le rôle joué par ce nouveau partenariat dans une Afrique centrale qui, ces dernières années, a multiplié les grands projets d’infrastructures.

Jeune Afrique : Quel a été l’impact de la baisse des cours des matières premières sur les programmes d’infrastructures en cours dans la sous-région ?

Symerre Grey-Johnson : Très lourd ! L’Afrique centrale a bien connu par le passé un boom lié à ses hydrocarbures, mais elle n’en a pas profité pour structurer et diversifier son économie. Dans le contexte actuel, il est donc très difficile pour les pays de produire les richesses indispensables à la réalisation de tels programmes qui restent, essentiellement, financés par des fonds publics.

Dans l’énergie et les transports, le potentiel est énorme

Où trouver les capitaux manquants ?

C’est toute la question. Il faut inclure d’urgence le secteur privé local et international. Sur les projets les plus significatifs, dans l’énergie et les transports notamment, le continent peut intéresser les investisseurs du monde entier. En Afrique centrale notamment, le potentiel est énorme. Mais les pays doivent encore mettre en place le cadre juridique qui permettra au secteur privé d’investir en toute sécurité. C’est l’un des principaux points sur lequel le Nepad peut apporter son expertise aux pouvoirs publics.

Quel rôle joue justement votre institution en Afrique centrale ?

Nous participons actuellement à trois projets d’infrastructures dans la sous-région. Le Nepad n’investit pas directement, mais notre présence permet de garantir le sérieux des projets aux yeux des investisseurs et donc de collecter les ressources financières nécessaires. Nous appuyons également techniquement les différentes instances locales et régionales pour les aider à sélectionner les meilleurs dossiers et à trouver les ressources humaines dont elles ont besoin, tout en veillant à la cohérence sous-régionale de l’ensemble.

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