Zambie : les défis qui attendent Edgar Lungu

Le leader du Front patriotique, le 10 août, à Lusaka. © AFP

Après un an et demi au pouvoir, le président zambien sortant a été réélu en dépit de la grave crise économique qui touche le pays.

Edgar Lungu va pouvoir envisager son avenir avec un peu de sérénité. Le 15 août, le président zambien, âgé de 59 ans, a été déclaré réélu dès le premier tour avec 50,35 % des voix par la commission électorale. Une courte avance sur son rival Hakainde Hichilema, qui en a obtenu 47,63 % et qui conteste le score en justice.

La Zambie, qui n’a connu que des transitions pacifiques du pouvoir depuis son indépendance, donne une nouvelle leçon de stabilité à ses voisins. En 2015, elle avait déjà su organiser un scrutin dans l’urgence, après la mort du président Michael Sata. Encore peu connu il y a cinq ans, Lungu avait su s’imposer comme le candidat du parti présidentiel, puis se faire élire pour mener à terme le mandat de Sata.

C’était déjà contre « HH ». Et c’était déjà très serré. Cela explique en partie que cette campagne aux allures de revanche ait été la plus tendue de l’histoire du pays. Les observateurs électoraux ont estimé que le scrutin était transparent, mais ont par ailleurs critiqué la campagne de Lungu, qui a utilisé les médias d’État et intimidé les militants de l’opposition.

La Zambie est vitale pour la province congolaise du Haut-Katanga

Cela n’empêche pas le président zambien de donner des leçons de démocratie. Lors d’un entretien avec son homologue français, François Hollande, en février 2016, il s’était dit attaché « au respect de la Constitution » et aux « délais légaux » en RD Congo, selon un communiqué de l’Élysée.

Même si la Zambie est moins influente que l’Afrique du Sud ou l’Angola à Kinshasa, elle reste vitale pour la province congolaise du Haut-Katanga, dont les exportations (minières) et les importations (alimentaires) transitent par son territoire. L’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, devenu opposant, connaît d’ailleurs Lungu personnellement.

Mais le président a d’autres préoccupations. La sécheresse et la baisse des prix du cuivre, la principale ressource du pays, ont provoqué une chute du kwacha (la monnaie nationale) et une inflation qui dépasse 20 %. L’urgence : trouver des financements extérieurs et diversifier l’économie.

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