Sommet Afrique-France : 2017, le grand rendez-vous

Par - envoyé spécial

Le Centre international de conférences de Bamako, dans le quartier du Fleuve. © sylvain cherkaoui pour JA

En janvier prochain, Bamako doit accueillir le 27e sommet Afrique-France. Les préparatifs s’accélèrent.

Quatre ans après le lancement de l’opération Serval, le 27e sommet Afrique-France (SAF) doit se tenir à Bamako en janvier 2017. Une rencontre qui réunira, autour du président François Hollande et de la délégation française, une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement du continent. Et à peu près autant de membres dans les délégations des différents pays, soit 2 500 à 3 000 participants attendus.

Un aéroport encore plus perfomant

À six mois du sommet, les derniers chantiers d’extension et de modernisation s’achèvent à l’aéroport international Modibo-Keïta – qui a officiellement pris le nom du père de l’indépendance le 31 décembre 2015. Interrompus après le coup d’État de 2012, les travaux ont été relancés fin 2014 et confiés à l’entreprise de construction chinoise Sinohydro Corporation pour un coût total de 18,2 milliards de F CFA (près de 28 millions d’euros), financés par le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (49,3 %), le Fonds de l’Opep (26,3 %), la Banque islamique de développement (10,8 %) et l’État malien (13,6 %).

Passant de 2 700 m à 3 180 m, la piste peut désormais recevoir de gros-porteurs de type A 380. La rénovation de l’ancienne aérogare et la construction du nouveau terminal de 15 000 m2, en cours de finition, vont quant à elles permettre d’accueillir 1,5 million de passagers par an, contre 600 000 actuellement.

Un renforcement de la sécurité dans les hôtels de luxe

Côté hébergement, si tous les membres des délégations ne peuvent dormir dans le centre de Bamako, les chefs d’État et de gouvernement seront logés dans les grands hôtels de la capitale, principalement à ACI 2000 et dans le quartier du Fleuve, près du Centre international de conférences de Bamako (CICB), où se tiendra la majeure partie du sommet. Comme le Laico-Amitié (où la Minusma avait établi son QG depuis 2013), l’Onomo (ouvert en mai 2015) ou encore l’Hôtel Salam Azalaï, qui s’apprête à recevoir l’essentiel des délégations.

« Nous avons l’avantage de nous trouver juste à côté du Centre international de conférences. Cela facilitera la sécurité de nos clients », explique Mossadeck Bally, le PDG du groupe Azalaï. Ce dernier – qui compte deux autres établissements dans le centre de Bamako, le Grand Hôtel et le Dunia – a engagé d’importants travaux de rénovation et d’extension au Salam Azalaï.

Du gros œuvre (assuré par la filiale malienne du groupe sénégalais de BTP Sertem) à la décoration, le coût global du chantier est estimé à 15 millions d’euros : une nouvelle aile latérale de six étages, à côté de l’ancien bâtiment (lui-même rehaussé d’un étage), va permettre de faire passer la capacité d’accueil de l’établissement de 124 à 144 chambres et de 25 à 42 suites. Depuis l’attentat qui l’a frappé le 20 novembre 2015, le Radisson Blu a réformé son système de sécurité, avec le bouclage de la rue principale, le recrutement d’une quinzaine d’agents de sécurité supplémentaires et l’installation de nouveaux scanners de sécurité.

« Nous avons su rassurer les organisateurs du sommet, et le Radisson Blu affiche complet durant l’événement », se réjouit Cessé Komé, le patron du groupe Koïra Hôtel Investment et propriétaire de l’établissement.

Début juin, le gouvernement a par ailleurs conclu une convention de maîtrise d’ouvrage avec l’Agence de cessions immobilières (ACI) pour la construction de 14 villas modulaires de haut standing dans la zone de l’ex-base aérienne B (ouest de Bamako), qui seront livrées avant la fin de l’année, pour un coût total de 3,8 milliards de F CFA, système de vidéosurveillance inclus.


Opération ville propre

Soucieuses d’améliorer l’image de Bamako, les autorités maliennes mettent l’accent sur la propreté de la capitale. Depuis début 2015, la gestion de l’assainissement du district a été confiée à la société marocaine Ozone, dont les escouades aux uniformes jaune et orangé assurent la collecte des ordures ménagères, le curage des égouts et le nettoyage des rues : dessablage, désherbage, décapage, lavage, etc. Ce qui est encore insuffisant pour libérer l’agglomération des tonnes d’immondices jetées dans ses ruelles et dans le fleuve par les Bamakois. Au cours des mois précédant le sommet, plusieurs concours de propreté seront donc organisés dans et entre les quartiers, et tous les habitants, petits et grands, écoliers et piroguiers, vont être invités à toiletter les berges du Niger. En espérant que les bonnes habitudes perdureront.