En Algérie, l’avenir des ministres et des hauts fonctionnaires s’écrit sur les fiches bleues de la police

Par - Envoyé spécial

Les fameuses "fiches bleues" comportent des informations diverses sur les futurs nommés. © Frédéric BISSON/Flickr creative commons

Les ministres ainsi que les hauts cadres de l’État et de l’administration font l’objet d’enquêtes d’habilitation avant leur éventuelle nomination.

Menées par la police, la gendarmerie et la sécurité intérieure, ces enquêtes administratives dites de « sécurité » sont le fruit d’investigations confidentielles sur le parcours du futur nommé, son cursus universitaire, son entourage, son statut marital, ses accointances, ses antécédents judiciaires, ses opinions politiques, son patrimoine ou ses voyages à l’étranger.

Tout savoir

Ces enquêtes, également dénommées « fiches bleues », qui sont en fait une sorte de profiling, permettent aux autorités (présidence, chefferie du gouvernement et services secrets) de tout savoir de celle ou de celui qui sera appelé à occuper de hautes fonctions dans l’appareil d’État.

Ces rapports émettent également des avis sur la probité de l’intéressé et d’éventuelles recommandations. Objectivement élaborés, ils peuvent lancer la carrière d’un homme, mais peuvent tout aussi bien hypothéquer ou briser ses chances dans le cas où il fait l’objet de rapports tendancieux, délateurs ou mensongers. Depuis l’indépendance, présidents et chefs de gouvernement se sont appuyés sur ces enquêtes, considérées comme des outils de réflexion et de décision.

Une tradition qui résiste au temps

Ces fiches sont-elles encore de mise aujourd’hui, six mois après la dissolution, sur ordre de la présidence, du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), qui avait la haute main sur leur élaboration ? « La procédure n’a pas cessé avec la restructuration des services de renseignements, juge un initié. Même si, depuis quelques années, les autorités donnent l’impression de ne pas en tenir compte. »