Finance

Angola : « Le renoncement à l’aide du FMI est mal perçu par le marché »

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Victor Lopes est économiste senior à Standard Chartered Bank.

L’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, décembre 2007 à Lisbonne. © Paulo Duarte/AP/SIPA

Le 30 juin, le FMI a annoncé que l’Angola abandonnait sa demande de soutien financier, lancée en avril 2016. Cette décision surprenante s’explique tout d’abord par le rebond des prix du pétrole ­– dont le cours moyen depuis le 1er avril a atteint 46 dollars le baril.

Une composante politique peut aussi expliquer ce choix, à un an de la prochaine élection présidentielle. Une frange du parti au pouvoir est en effet opposée à l’intervention du FMI. Le gouvernement a probablement préféré ne pas redéfinir sa politique économique en échange de ce prêt. D’autant plus que Luanda a d’ores et déjà mis en place un plan d’ajustement budgétaire drastique.

Une décision risquée

Le taux de change aurait constitué un autre point de désaccord avec le FMI. Malgré plusieurs dévaluations, il reste distordu : l’écart entre le taux officiel du kwanza (167 unités pour 1 dollar) et le taux sur le marché parallèle (600 pour 1 dollar) est significatif. Alors que les fondamentaux macroéconomiques sont dégradés, le marché perçoit de manière négative cette décision, estimant que la non-intervention du FMI est un revers en matière d’évolution vers plus de transparence et d’engagement dans les réformes.

Certes, l’Angola a d’autres prêteurs extérieurs potentiels : la majorité des financements obtenus cette année provient de Chine. L’endettement [près de 60 % du PIB] de l’Angola a augmenté rapidement pour faire face à la baisse des revenus pétroliers, et les marges de manœuvre du pays sont désormais réduites en cas de nouvelle baisse des prix du pétrole. »

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