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Un petit tour à la bourse pour Mota-Engil Africa et s’en va

Au Mozambique, le charbon de la mine de Moatize est acheminé en train jusqu'au port de Nacala. © HOLLANDSE HOOGTE/SIPA

Émanation d'un groupe de BTP portugais, le sud-africain Mota-Engil Africa aura été coté un an à la Bourse Euronext. De quoi publier ses états financier et le faire entrer directement au 115e rang du dernier top 500 des sociétés africaines de Jeune Afrique.

D’une certaine manière, l’aventure publique de Mota-Engil Africa s’est terminée aussi mal qu’elle avait commencé. Fin 2013, lorsque le groupe portugais de BTP Mota-Engil décide de créer une entité africaine séparée et de l’introduire sur un marché international, la période est porteuse : alors que Lisbonne est en crise, la croissance reste soutenue en Afrique, notamment en Angola, où le groupe est particulièrement actif.

Mota-Engil réalise 65 % de sa marge d’exploitation sur le continent, et l’ensemble africain enregistre plus de 1 milliard d’euros de revenus, un chiffre qui augmente alors de plus de 30 % par an depuis deux ans ; les introductions de sociétés africaines sont particulièrement appréciées, comme le soulignent à l’époque les levées de fonds d’Atlas Mara (325 millions de dollars) fin 2013 puis de Seplat (500 millions de dollars) en mars 2014 à la Bourse de Londres.

Le corridor de Nacala, le plus grand défi de l’histoire du groupe

Un projet, plus que tout autre, symbolise alors ce succès : la décision du minier brésilien Vale d’octroyer à Mota-Engil la construction d’une partie du corridor de Nacala, soit 227 km de chemin de fer et 22 ponts, à cheval sur le Mozambique et le Malawi. Le plus grand défi de l’histoire du groupe.

Début juillet 2014 pourtant, la belle histoire prend une mauvaise tournure : la déconfiture de la banque portugaise Banco Espírito Santo (également pilote de l’opération d’introduction) et l’effondrement boursier qui s’ensuit obligent Mota-Engil à reporter l’opération prévue à la Bourse de Londres.

Cinq mois plus tard, c’est sur l’autre grande Bourse européenne, Euronext, que la filiale africaine s’introduit. Entre-temps, sa valorisation a baissé de 25 %. L’effondrement des cours du pétrole et de nombreux minerais est une très mauvaise nouvelle pour un groupe de BTP qui gagne la moitié de ses revenus en Angola et qui a remporté mi-2014 le projet de construction, pour 3,5 milliards de dollars, d’un terminal minier à Kribi, dans le sud du Cameroun, et des 580 km de voie ferrée devant relier la cité balnéaire aux mines de fer de Nabeba (Congo) et de Mbalam (Cameroun)…

Un mois après son introduction, il a déjà perdu 40 % de sa valeur.

Rapidement, le cours de Mota-Engil Africa dévisse en Bourse : un mois après son introduction, il a déjà perdu 40 % de sa valeur. Il ne les récupérera pas : au premier semestre de 2015, les revenus du groupe de BTP s’effondrent de 32 %, en grande partie en raison de la chute de la croissance angolaise, mais aussi parce que le corridor de Nacala s’est achevé quelques mois plus tôt.

Envisagée un temps pour lever des fonds, la cotation boursière s’épuise alors que seuls 7 % du capital sont effectivement échangeables sur le marché, le reste étant entre les mains de la maison mère et de la famille actionnaire Mota.

Début octobre 2015, le groupe décide de se retirer de la cote. Le 4 décembre, c’est chose faite. Mota-Engil aura passé en tout et pour tout un an chez Euronext. Le temps de publier les comptes consolidés qui lui ont permis de rentrer directement parmi les 150 premières entreprises du continent, avec 1,27 milliard de dollars de revenus et une centaine de millions de dollars de profits.

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