Angola : qui pour succéder à Zedù ?

Le président angolais José Eduardo dos Santos, le 9 décembre 2007 à Lisbonne. © Paulo Duarte/AP/SIPA

Depuis l'annonce de son retrait de la vie politique en 2018, les spéculations sur la succession du président José Eduardo « Zedú » dos Santos vont bon train.

Certes, il avait promis une chose similaire en 2001 sans s’exécuter. Mais son âge (73 ans) et sa santé fragile font douter qu’il puisse tenir les rênes du pays jusqu’en 2022.

Que se passerait-il s’il tenait sa promesse ? En cas de vacance du pouvoir, la Constitution angolaise prévoit d’en remettre les clés au vice-président. À ce poste, actuellement, Manuel Vicente, ancien patron de la Sonangol, 60 ans. Mais ce proche de la famille dos Santos est mis en cause dans une affaire de corruption au Portugal et aurait lui aussi des ennuis de santé. Et alors que le pays vit sa plus grave crise économique depuis la fin de la guerre civile, sa gestion de la Sonangol est de plus en plus décriée.

Autre candidat potentiel, José Filomeno dos Santos, 38 ans, troisième enfant du président et gestionnaire du Fonds souverain angolais. Problème : une succession dynastique sera très probablement refusée par les caciques du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir).

Pour Alex Vines, le directeur Afrique du think-tank Chatham House, Eduardo dos Santos devrait privilégier le consensus. Soit quelqu’un qui puisse d’une part sauvegarder le système actuel, d’autre part protéger les intérêts de la famille. Le général João Manuel Gonçalves Lourenço, ministre de la Défense, apparaît de plus en plus comme l’homme de la situation. Ce discret personnage de 62 ans, dont la femme, Ana, est administratrice de la Banque mondiale, est bien vu par les dirigeants du parti. Le congrès du MPLA, en août, pourrait être l’occasion de le propulser vice-président, et successeur constitutionnel.