Vidéo – Matata Ponyo Mapon : « La RD Congo tient bon »

Image174556.jpg © JUNIOR D. KANNAH POUR J.A.

Matata Ponyo Mapon a une fierté qu'il ne cache guère : avoir porté la croissance économique de la RD Congo à un niveau élevé, proche des 9 %. Et une autre qu'il tait : avoir battu le record de longévité comme Premier ministre de Joseph Kabila.

Nommé en 2012, après avoir exercé pendant deux ans la fonction de ministre des Finances, ce technocrate a certes perdu une partie non négligeable de son pouvoir depuis la formation d’un gouvernement de coalition fin 2014. Mais sa vitalité continue à surprendre tant sont puissants ceux qui, y compris dans son propre camp, veulent le faire chuter. Il était le grand invité de l’économie RFI-Jeune Afrique.

« Malgré la baisse des cours des minerais, la RD Congo tient bon, après avoir bénéficié d’un taux de croissance exceptionnel de 8 % par an en moyenne pendant quatre ans. Nous prévoyons 6 % en 2016, ce qui est bien supérieur à la moyenne africaine et au taux de croissance de la population congolaise. »

Le grand invité de l’économie RFI/JA : Matata Ponyo Mapon (1ère partie) 

Il est faux de dire que la croissance n’a pas profité à la population.

« Les incertitudes politiques créent naturellement de l’attentisme du côté des investisseurs. Mais le gouvernement s’emploie à rassurer tout le monde en mettant en avant un dialogue national ouvert à tous, qui permettra de se mettre d’accord sur un calendrier électoral. »

« Il est faux de dire que la croissance n’a pas profité à la population. Nous avons fait passer la part du budget consacré à l’éducation de 4 % à 16 % et investi dans un programme agro-industriel ainsi que dans les routes. Les restrictions budgétaires vont surtout concerner les dépenses de fonctionnement et n’affecter que très peu les dépenses sociales et d’investissement. »

« La lutte contre la corruption et la fraude est un travail de longue haleine. Le niveau de corruption en RD Congo semble élevé, mais des efforts ont été faits. Nous avons pris des sanctions disciplinaires contre les fonctionnaires concernés. Les recettes publiques ont quasiment doublé en quatre ans, ce qui est un signe positif. En 2014, il y a eu plus de deux milliards de dollars [1,79 milliard d’euros] d’investissement dans le pays, preuve que la confiance est là. Et nous progressons dans le classement « Doing Business ». »

« Ni le gouvernement ni la Gécamines n’étaient informés des tractations qui ont précédé la vente des actifs de Freeport dans la mine de Tenke à une entreprise chinoise. Mais nous n’allons pas bloquer cette opération car nous ne le pouvons pas. Nos services travaillent toutefois à déterminer si nous pouvons la taxer. »

Le grand invité de l’économie RFI/JA : Matata Ponyo Mapon (2e partie) 

Réforme de la Gécamines

« Le programme de réforme de la Gécamines n’a pas produit d’effets, et sa production reste faible. Il y a un déficit de gouvernance au sein de cette société, c’est un dossier que nous suivons de près. »

« La Biac est désormais sous administration provisoire. On ne soigne pas un cancer en faisant tomber la fièvre. La banque connaissait des difficultés depuis longtemps et tenait uniquement grâce au refinancement qui lui était accordé. Le gouvernement a pris la bonne décision en demandant qu’on lui coupe ce financement. »

« Les questions politiques relèvent du président de la République, je lui laisse le leadership. Je ne pense pas que ce soit mon silence sur ces sujets qui explique ma longévité, mais plutôt mon travail et nos bons résultats économiques et sociaux. »

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